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Actions détenues par les étrangers : 220 MMDH fin 2025, une hausse surtout portée par les cours

10:13 · 5 nov.MarocMarchés & FinanceMarchés financiers

Résumé exécutif

Le rapport de l'AMMC fait passer l'encours des actions détenues par des étrangers à 220 MMDH fin 2025, mais la hausse de 21,2 % reflète surtout la valorisation de la Bourse de Casablanca, le MASI ayant gagné 27,6 %. Les chiffres suggèrent que l'encours a progressé moins vite que l'indice sur trois ans, ce qui pourrait traduire des cessions nettes masquées par l'effet des cours. Le signal est positif pour l'attractivité de la place, mais il reste conditionnel à la publication des flux nets et à la tenue du marché.

Impact pour le Maroc

Court terme (0 à 3 mois) : L'impact est essentiellement informationnel. Le chiffre sera repris dans les notes de conjoncture et les communications sur l'attractivité de la place. La Bourse de Casablanca et ses intermédiaires (sociétés de bourse, gestionnaires d'actifs) enregistrent un signal positif sur l'appétence étrangère, mais l'impact réel dépendra de l'évolution du MASI sur le trimestre. Les investisseurs institutionnels marocains et les émetteurs cotés devraient lire le rapport comme une validation de la valorisation de la place plutôt que comme un changement de régime. Moyen terme (3 à 12 mois) : La question centrale est la nature de la détention étrangère. Si la progression se confirme en flux nets, la place gagnerait en profondeur et en liquidité ; si elle reste un effet de cours, toute correction de l'indice restituerait mécaniquement une partie de la valeur. Les décisions probables concernent la communication de l'AMMC sur la transparence des flux, et le suivi par Bank Al-Maghrib des investissements de portefeuille non-résidents dans la balance des paiements. Un effet de propagation est possible vers les émetteurs qui cherchent à lever des fonds, dont le coût dépendra de la valorisation. Long terme (12 à 36 mois) : Recomposition structurelle limitée à ce stade. Si la part étrangère dans la capitalisation (21,2 %) se maintient alors que l'économie attire davantage d'IDE, le marché pourrait s'approfondir. Une part encore concentrée sur des participations stratégiques limiterait en revanche la diversification de l'actionnariat et la profondeur du flottant, où les minoritaires ne pèsent que 8,3 %. Le levier de l'État consisterait alors à élargir l'investissement minoritaire, notamment via les investisseurs institutionnels domestiques. Parties prenantes marocaines : AMMC (régulateur et auteur du rapport, responsable de la transparence des flux étrangers) ; Bourse de Casablanca (animation du MASI et attractivité du flottant) ; Bank Al-Maghrib (balance des paiements et stabilité financière) ; MEF et Direction du Trésor (politique d'attractivité et cadre fiscal des non-résidents) ; CGEM (relais auprès des émetteurs cotés) ; sociétés de gestion et sociétés de bourse marocaines (intermédiaires des flux) ; grands émetteurs cotés, notamment bancaires et télécoms, dont la valorisation pèse fortement sur le MASI. Contre-thèse : L'impact serait fortement atténué si la hausse s'avérait essentiellement un effet de valorisation sans flux nets, et si l'écart entre la progression de l'encours et celle de l'indice reflétait un simple effet de composition du portefeuille étranger plutôt que des cessions.

Pourquoi ce score

Score de 58, et non 76 comme le suggère le calcul de criticité et de nouveauté : l'événement a un lien domestique direct, puisqu'il porte sur la Bourse de Casablanca et sur un rapport officiel de l'AMMC, mais il s'agit d'un bilan annuel statistique et récurrent, sans décision, sans réglementation et sans choc de marché. La grille accorde le maximum de proximité et d'urgence à des données déjà constatées, ce qui surpondère un fait dont la portée décisionnelle reste faible. Le score se situe donc dans la zone « lien clair » basse, au niveau des publications sectorielles récurrentes et en dessous des annonces d'investissement ou des décisions de régulation, qui figurent entre 72 et 80 dans le contexte récent. Un seul article fournit la donnée (Telquel.ma, citant l'AMMC) : le fait est officiel mais n'est pas recoupé par une seconde source dans les articles fournis, ce qui justifie une confiance moyenne. La cohérence interne est en revanche bonne : 18,9 % (participations stratégiques) plus 2,2 % (minoritaires) reconstituent les 21,2 % de part dans la capitalisation, et la hausse cumulée d'environ 41 % entre 2022 et 2025 correspond aux chiffres publiés. Un sceptique objecterait que la hausse de 21,2 % est un effet de valorisation et non une conviction durable : c'est exact, et il pourrait aussi contester l'interprétation d'une sous-performance relative de l'encours, qui repose sur un calcul indicatif et non sur des flux nets publiés. Le risque d'une lecture triomphaliste, qui ferait de ce chiffre un signal de confiance structurelle, est réel.

Recommandation

Niveau : surveiller. Pour qui : AMMC (direction de la surveillance et de la transparence des flux), Bank Al-Maghrib (direction de la balance des paiements), Direction du Trésor au MEF, Bourse de Casablanca, CGEM (commission finance). Action concrète : 1) observation : suivre l'évolution mensuelle du MASI et des flux nets non-résidents pour trancher entre effet de valorisation et afflux réel ; 2) note de veille : rédiger une note courte à destination du MEF et de Bank Al-Maghrib qui reconstitue le calcul de sous-performance relative de l'encours (progression d'environ 8 % à 21 % contre 13 % à 28 % pour le MASI sur 2023-2025) et précise ses hypothèses ; 3) communication : éviter de présenter la hausse comme une preuve de confiance structurelle tant que les flux nets ne sont pas publiés, afin de ne pas s'exposer à un retournement médiatique ; 4) contre-mesure : aucune à ce stade. Délai : sous 1 mois. Signaux à surveiller : évolution du MASI et de la capitalisation sur quatre semaines, publication des flux nets non-résidents, poids du flottant détenu par les minoritaires, recoupement des chiffres de l'AMMC avec une seconde publication.

Sources (1)

Telquel.ma ↗10:13 · 5 nov.

Signaux à surveiller

À venird'ici le 3 déc.1 à 4 semaines

Évolution hebdomadaire du MASI et de la capitalisation de la Bourse de Casablanca

Un repli de l'indice réduirait mécaniquement l'encours étranger, sans nécessiter de cessions.

À venird'ici le 3 févr.1 à 3 mois

Publication des flux nets de portefeuille des non-résidents (achats moins ventes d'actions cotées)

Seul indicateur permettant de trancher entre effet de valorisation et afflux réel de capitaux.

À venird'ici le 3 févr.1 à 3 mois

Publication de la balance des paiements trimestrielle de Bank Al-Maghrib (investissements de portefeuille)

Permet de recouper la tendance de l'encours avec les flux enregistrés à l'échelle nationale.

À venird'ici le 5 nov.3 à 12 mois

Poids des participations minoritaires dans le flottant (8,3 % en 2025)

Segment le plus sensible au sentiment de marché ; son évolution indique la profondeur réelle du marché.