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Casablanca décroche BBB- chez S&P : une signature financière locale qui élargit l'accès au marché

09:25 · 30 oct.MarocMarchés & FinanceFinances locales

Résumé exécutif

La notation BBB-/A-3 attribuée par S&P Global Ratings à la Commune de Casablanca, avec une perspective stable alignée sur celle du Royaume, installe une signature financière municipale crédible à l'entrée de l'investment grade. Le signal est d'abord une capacité : une épargne brute attendue à 25 % des recettes en 2028 permettrait de limiter l'emprunt pour financer le Plan d'Action Communal 2023-2028. À surveiller : le rapport complet, les premières émissions et la trajectoire réelle des comptes de la Commune.

Impact pour le Maroc

Court terme (0 à 3 mois) : Effet direct mais limité. La Commune de Casablanca, son conseil et sa direction des finances sont les premiers concernés : ils doivent capitaliser sur la notation, la mettre en perspective avec la trajectoire d'épargne brute annoncée et préparer un éventuel recours au marché. Le ministère de l'Intérieur, tutelle des collectivités territoriales, peut s'en servir comme preuve de la bonne tenue de la fiscalité locale dans le cadre des réformes en cours. Aucune décision de financement n'est documentée à ce stade. Moyen terme (3 à 12 mois) : si la trajectoire d'épargne se confirme dans les comptes 2026 et 2027, la Commune pourrait élargir ses sources de financement au-delà des emprunts bancaires traditionnels. Il est probable que la Caisse de dépôt et de gestion et les bailleurs multilatéraux déjà présents sur les projets urbains utilisent cette note comme référence dans leurs conditions. Les banques de la place, notamment Attijariwafa bank, BCP et Bank of Africa, pourraient réviser leurs grilles sur le crédit aux collectivités, ce qui améliorerait la capacité de financement des projets du Plan d'Action Communal 2023-2028. Long terme (12 à 36 mois) : recomposition possible du financement des infrastructures métropolitaines, avec une part croissante d'autofinancement et, à terme, une dette locale plus régulière. La coïncidence avec l'obligation en dirhams annoncée par la BAD le même jour, relevée dans le contexte récent, suggère que la finance locale marocaine pourrait devenir un terrain d'expérimentation pour la place de Casablanca, sans que les articles fournis le démontrent. Parties prenantes marocaines : Commune de Casablanca (émetteur, conseil communal, direction des finances) ; ministère de l'Intérieur (tutelle, réforme de la fiscalité locale) ; ministère de l'Économie et des Finances (articulation avec la note souveraine) ; Bank Al-Maghrib (conditions de crédit et stabilité financière) ; Caisse de dépôt et de gestion (prêteur institutionnel potentiel) ; Attijariwafa bank, BCP et Bank of Africa (prêteurs et souscripteurs potentiels) ; Région de Casablanca-Settat (cohérence avec les programmes du Grand Casablanca) ; CGEM (entreprises du BTP et investisseurs). Contre-thèse : la notation ne vaut que si l'exécution budgétaire suit ; une dérive des charges de fonctionnement ou un recouvrement fiscal qui stagne annulerait l'effet. Par ailleurs, l'information repose sur un seul communiqué relayé par la presse, dans un article tronqué : le rapport complet pourrait nuancer les projections.

Pourquoi ce score

Score de 60, et non 65 comme le suggère la grille : le lien est clair parce que la Commune de Casablanca est une institution marocaine et que l'effet est immédiat, ce qui justifie de sortir de la catégorie faible. Je retiens toutefois 60 car la criticité reste au niveau de la déclaration : aucune loi, aucun contrat ni capital engagé n'est documenté, et l'information ne repose que sur un communiqué de la Commune relayé par un seul média, dans un article tronqué. Le contexte récent confirme ce calibrage : les opérations à montants et décisions d'actionnaires (Marsa Maroc au capital des terminaux de Boluda, 73 ; Laprophan en Bourse, 74) pèsent davantage que la notation d'une collectivité, qui ouvre une capacité sans décision. Le lien avec l'État est indirect mais réel, puisque la perspective stable est explicitement celle du Royaume : l'événement devient un indicateur de cohérence de la signature marocaine. Un sceptique objecterait qu'une note BBB- reste la plus basse de la catégorie investment grade et que la communication municipale survend une « reconnaissance » qui n'est qu'une appréciation d'agence privée, dont la prochaine revue peut modifier le tableau. Le risque d'une lecture trop favorable serait de confondre notation et financement : rien ne prouve encore qu'une émission ou un emprunt suivra.

Recommandation

Niveau : analyser. Pour qui : direction des finances de la Commune de Casablanca, ministère de l'Intérieur (tutelle des collectivités), ministère de l'Économie et des Finances (articulation avec la note souveraine), Bank Al-Maghrib (cohérence avec la politique de crédit), CGEM (commission finances et investissement). Action concrète : 1) obtenir et lire le rapport S&P du 22 octobre 2026 pour vérifier les hypothèses de trajectoire d'épargne brute et les facteurs qui limitent la note ; 2) comparer la notation communale avec celle du Royaume et vérifier dans quelle mesure la note souveraine sert de plafond ; 3) suivre si la Commune prévoit un programme d'émission ou un recours bancaire, et anticiper les conditions obtenues ; 4) cadrer la communication : valoriser la note sans en faire un argument de souveraineté, car elle reste une appréciation d'agence privée. Délai : sous 1 semaine pour l'obtention et la lecture du rapport complet ; sous 1 mois pour la note comparative et l'analyse des conditions de financement. Signaux à surveiller : annonce d'un programme d'emprunt ou d'émission de la Commune, consultation du rapport S&P et des comptes administratifs 2026, révision éventuelle de la perspective souveraine du Royaume.

Sources (1)

Le Matin ↗09:25 · 30 oct.

Signaux à surveiller

À venird'ici le 28 janv.1 à 3 mois

Annonce d'un programme d'emprunt, d'émission obligataire ou de financement bancaire par la Commune de Casablanca

La notation n'a de valeur économique que si elle est utilisée ; le premier recours au marché révélera le coût réel du financement obtenu.

À venird'ici le 27 nov.1 à 4 semaines

Consultation du rapport S&P du 22 octobre 2026 et des comptes administratifs 2026 de la Commune

Permet de vérifier la trajectoire d'épargne brute (19 % en 2025, 25 % visés en 2028) et les facteurs qui limitent la note.

À venird'ici le 30 oct.3 à 12 mois

Revue de la perspective souveraine du Royaume du Maroc par S&P

La perspective communale reflète celle de l'État : une révision souveraine se transmettrait mécaniquement à la Commune.