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Chômage à 10,5 % au T3-2026 : l'emploi recule et la sous-utilisation de la main-d'œuvre atteint 19,6 %

07:21 · 6 nov.MarocAutreMarché du travail

Résumé exécutif

Le HCP confirme une dégradation nette du marché du travail au troisième trimestre 2026 : chômage à 10,5 % contre 9,5 % au deuxième, 173 000 emplois nets perdus et un sous-emploi élargi à 19,6 %, avec un chômage des jeunes de 30,5 %. Le signal dépasse la statistique : il interroge la capacité d'une activité économique maintenue à se traduire en emplois, alors que se préparent les arbitrages budgétaires 2027. Pour Rabat, le risque porte moins sur la stabilité macroéconomique que sur la légitimité sociale des politiques d'emploi ; la priorité est de vérifier si la hausse relève d'un effet saisonnier, d'une rupture de série ou d'une tendance durable.

Impact pour le Maroc

Court terme (0 à 3 mois) : L'impact est d'abord informationnel. Le HCP sera sollicité pour expliquer le passage de 9,5 % à 10,5 %, et le ministère chargé de l'Emploi devra répondre publiquement sur les dispositifs en cours. La CGEM devra porter un discours sur la compétitivité de l'emploi formel, et les banques de détail (Attijariwafa bank, BCP, Bank of Africa) ajusteront probablement leurs anticipations sur le risque de crédit des ménages, en particulier dans les zones urbaines où le chômage est le plus élevé. Effet direct sur les marchés faible à ce stade. Moyen terme (3 à 12 mois) : Si la tendance se confirme au trimestre suivant, la pression se déplacera vers les arbitrages budgétaires 2027 : programmes d'emploi, formation professionnelle et insertion des jeunes. Le ministère de l'Économie et des Finances (MEF) et Bank Al-Maghrib seront attentifs à l'effet sur la demande intérieure, Bank Al-Maghrib pouvant juger ce niveau de chômage compatible avec une politique monétaire prudente. Pour l'attractivité, la disponibilité d'une main-d'œuvre plus abondante constitue un argument pour l'AMDIE auprès des investisseurs industriels, à condition qu'elle soit qualifiée, ce qui renvoie directement à l'OFPPT et à la formation. Long terme (12 à 36 mois) : Recomposition structurelle possible : si l'activité continue de croître sans créer d'emplois nets, le modèle de croissance marocain serait questionné au-delà de la conjoncture. La question centrale est celle de la transformation de l'activité en emploi durable, notamment pour les jeunes et les femmes, avec des conséquences sur la stabilité sociale, la demande intérieure et l'attractivité des territoires. Le nouveau dispositif d'enquête améliorera à terme la granularité des politiques publiques, mais il rendra aussi plus visibles des tendances jusque-là diffuses. Parties prenantes marocaines : HCP (producteur de la statistique et responsable de la méthodologie de la nouvelle enquête) ; ministère chargé de l'Emploi (dispositifs d'insertion et réponse publique) ; MEF (arbitrages budgétaires 2027) ; Bank Al-Maghrib (demande intérieure et risque de crédit) ; CGEM (représentation des employeurs et emploi formel) ; AMDIE (argument de main-d'œuvre pour les IDE industriels) ; OFPPT (formation professionnelle) ; banques de détail, dont Attijariwafa bank, BCP et Bank of Africa (exposition au crédit à la consommation) ; commissions parlementaires compétentes en matière sociale. Contre-thèse : un rebond au trimestre suivant, un effet saisonnier avéré ou une rupture de série méthodologique pourrait ramener l'écart à des proportions moins alarmantes ; si la hausse est largement absorbée par des activités informelles non mesurées, l'impact sur la stabilité sociale serait atténué.

Pourquoi ce score

Score de 72, et non 76 comme le suggère la grille initiale, pour une raison de calibrage. L'événement est la publication trimestrielle du Haut-Commissariat au Plan du 3 novembre 2026, déjà traitée dans le contexte récent sous deux angles : le chômage à 10,5 % (score 70) et la perte de 173 000 emplois (score 72). L'article fourni apporte une valeur ajoutée réelle (sous-utilisation à 19,6 %, chômage des jeunes à 30,5 %, écarts urbain et rural, femmes et hommes), mais il ne constitue ni une décision ni un choc nouveau : monter à 76 reviendrait à surévaluer une statistique déjà diffusée. Le lien avec le Maroc est total, puisque le fait est purement national ; il justifie un score dans la zone de lien fort, mais l'absence de mesure publique associée interdit de dépasser nettement 72. La source est unique (annahar.com citant le HCP sans reproduire le document primaire), ce qui abaisse la confiance à « moyenne ». Pensée contrarienne : un sceptique objecterait qu'une hausse d'un point en un trimestre relève de la saisonnalité, et que le nouveau dispositif d'enquête (135 000 ménages par an) peut introduire une rupture de série ; l'article ne permet ni de l'exclure ni de la confirmer. Une autre lecture, évoquée dans le contexte récent, situe le recul des emplois en milieu rural, alors que le taux de chômage reste plus élevé en ville (12,5 % contre 6,9 %) : les deux constats ne se contredisent pas, mais l'article fourni ne permet pas de trancher. Le risque d'une lecture alarmiste serait de traiter un trimestre comme une tendance structurelle.

Recommandation

Niveau : analyser. Pour qui : ministère chargé de l'Emploi (direction des politiques d'emploi), HCP (demande de précisions méthodologiques et de décomposition trimestrielle), MEF (direction du budget, arbitrages 2027), Bank Al-Maghrib (direction des études), CGEM (représentation des employeurs), AMDIE (dossier attractivité et main-d'œuvre), OFPPT (plan de formation des jeunes). Action concrète : 1) demander au HCP la décomposition complète du trimestre (saisonnalité, comparaison interannuelle, rupture de série liée au nouveau dispositif d'enquête), afin de distinguer effet conjoncturel et tendance ; 2) produire une note comparative sur le chômage des 15-24 ans et le sous-emploi féminin, reliée aux programmes d'insertion, pour alimenter les arbitrages budgétaires ; 3) cartographier les bassins d'emploi urbains et ruraux ainsi que les branches les plus exposées (BTP, textile, services, agriculture), l'article fourni ne les ventilant pas ; 4) suivre avec les banques de détail l'évolution du crédit à la consommation et des impayés dans les zones urbaines. Communication : factuelle, centrée sur la méthodologie, sans triomphalisme ni dramatisation, et sans commentaire politique avant vérification du signal. Délai : sous 1 semaine pour la demande au HCP et la note de cadrage interne ; sous 1 mois pour la note budgétaire et l'analyse sectorielle. Signaux à surveiller : prochaine publication trimestrielle du HCP (T4-2026) ; évolution du chômage et de la sous-utilisation des 15-24 ans ; précisions méthodologiques publiées sur une éventuelle rupture de série ; arbitrages des programmes emploi et formation dans le budget 2027.

Sources (1)

annahar.com ↗07:21 · 6 nov.

Signaux à surveiller

À venird'ici le 4 déc.1 à 4 semaines

Précisions méthodologiques du HCP sur la comparabilité de la série avec le nouveau dispositif d'enquête

Permet de savoir si une partie de la hausse relève d'une rupture de série plutôt que d'une dégradation réelle.

À venird'ici le 4 févr.1 à 3 mois

Publication trimestrielle suivante du HCP sur le marché du travail (T4-2026) : chômage au sens strict et emploi net

Un second trimestre de hausse transformerait un choc conjoncturel en tendance structurelle.

À venird'ici le 4 févr.1 à 3 mois

Taux de chômage des 15-24 ans (30,5 % au T3-2026) et taux de sous-utilisation de la main-d'œuvre (19,6 %)

Indicateur de tension sociale le plus sensible ; une aggravation chez les jeunes orienterait les arbitrages publics.

À venird'ici le 6 nov.3 à 12 mois

Arbitrages des programmes d'emploi, de formation professionnelle et d'insertion dans le budget 2027

Traduction budgétaire concrète de la réponse publique ; la hausse ou la baisse des crédits qualifiera la stratégie gouvernementale.