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Cuba à l'ONU : le Maroc vote contre l'appel à lever l'embargo américain, un signal d'alignement sur Washington

00:00 · 28 oct.États-Unis d'AmériqueDiplomatie & GéopolitiqueDiplomatie multilatérale

Résumé exécutif

Le Maroc a voté contre la résolution de l'Assemblée générale de l'ONU réclamant la levée de l'embargo américain contre Cuba, rejoignant les États-Unis, Israël, les Émirats arabes unis et la Hongrie dans une minorité de 17 États. L'enjeu économique est nul, mais le geste s'inscrit dans une séquence où Washington fait de l'ONU un terrain de convergence et où Rabat resserre son alignement avec Washington et Abou Dhabi. À surveiller : explication officielle marocaine dans les 7 jours, extension éventuelle des sanctions secondaires américaines à des pays tiers, et position marocaine sur le dossier saharien au Conseil de sécurité.

Impact pour le Maroc

Court terme (0 à 3 mois) : L'impact direct est nul sur les flux économiques et sécuritaires. L'effet est d'abord diplomatique et réputationnel : la Mission permanente du Maroc auprès des Nations unies à New York et la direction des Organisations internationales du MAEC devront expliquer la logique du vote si des partenaires latino-américains ou africains interrogent Rabat. Dans la même fenêtre, le point de vigilance est bancaire : Bank Al-Maghrib et les banques de la place (Attijariwafa bank, BCP, Bank of Africa) doivent vérifier que leurs politiques de conformité intègrent les sanctions secondaires américaines liées à Cuba, même si aucun flux identifié n'existe à ce stade. Moyen terme (3 à 12 mois) : Si les ordres exécutifs américains s'élargissent à des pays tiers, le Maroc pourrait être sollicité pour des garanties de non-contournement dans le cadre de sa relation bilatérale avec Washington. La séquence saharienne à l'ONU, avec le projet américain et les discussions au Conseil de sécurité, pourrait associer plus étroitement l'alignement sur Washington et sur Abou Dhabi ; le MAEC devra alors articuler les deux dossiers sans les confondre. Un effet de propagation est possible sur l'Amérique latine : les 13 États latino-américains ou caribéens ayant retiré leur appui sont des cibles de la coopération et de la prospection marocaines, et l'AMDIE pourrait voir ses démarches ralentir si ces États lisent Rabat comme un allié inconditionnel de Washington sur Cuba. Long terme (12 à 36 mois) : La recomposition structurelle reste limitée et dépendra de deux variables : la politique américaine envers La Havane (durcissement ou ouverture) et la capacité de Rabat à conserver une position d'interlocuteur crédible dans un Sud global où l'appui à la résolution cubaine a perdu 35 voix en un an. Si le Maroc s'aligne systématiquement sur les votes américains, son capital auprès des non-alignés pourrait s'éroder, pesant sur les soutiens africains et asiatiques lors des prochaines séances sur le Sahara. Parties prenantes marocaines : MAEC (direction des Organisations internationales, Mission permanente à New York, ambassade à Washington : ligne de communication et argumentaire), Bank Al-Maghrib (supervision de la conformité face aux sanctions secondaires), Attijariwafa bank, BCP et Bank of Africa (vérification de l'exposition à des contreparties liées à Cuba), CGEM (exportateurs et logisticiens actifs en Amérique latine), AMDIE (prospection d'investissements et d'échanges dans la région), ministère de l'Économie et des Finances (cadre réglementaire des échanges et des sanctions). Contre-thèse : L'impact serait atténué si Rabat assume publiquement un vote de principe sur les mesures unilatérales, sans prendre position sur le fond cubain ; un silence officiel le ramènerait à un détail procédural.

Pourquoi ce score

Score de 48, en deçà du repère de 60 de la grille de scoring, pour trois raisons. D'abord, la proximité est maximale (30/30), mais elle mesure la participation d'un acte marocain, non la portée d'un enjeu marocain : le Royaume figure parmi les 17 votes contre sur un texte sans effet juridique. Ensuite, la criticité (6/25) et l'impact (5/20) sont justement bas : une résolution non contraignante n'engage ni flux ni sanction. Enfin, la nouveauté (4/10) est limitée, puisque la baisse de l'appui à la résolution est documentée depuis deux ans (187 voix en 2024, 165 en 2025, 130 en 2026). Le score ne descend pas plus bas car l'alignement sur Washington est une information stratégique : il s'inscrit dans une séquence où les États-Unis portent le dossier du Sahara à l'ONU (score 88 dans le contexte récent) et où Rabat soutient la candidature de Lana Nusseibeh avec Abou Dhabi. Les sept articles convergent sur le vote marocain négatif, ce qui fonde la confiance sur ce fait. Le point de divergence concerne la trajectoire de 2025 : Cubanet indique une abstention marocaine l'an dernier, tandis que la formulation d'Infobae évoque un soutien retiré. Le cadrage « retrait de soutien » suppose un appui antérieur que les sources ne confirment pas unanimement, ce qui affaiblit la portée d'un revirement. Un sceptique objecterait qu'il s'agit d'une cohérence technique avec des positions déjà connues, et que lire une stratégie dans ce vote revient à surinterpréter. Le risque d'une lecture alarmiste est de confondre une position de principe avec une rupture avec La Havane, qu'aucun article ne documente.

Recommandation

Niveau : surveiller. Pour qui : MAEC (direction des Organisations internationales, Mission permanente du Maroc auprès de l'ONU à New York, ambassade à Washington), Bank Al-Maghrib et directions de la conformité des banques (Attijariwafa bank, BCP, Bank of Africa), AMDIE pour le volet Amérique latine et Caraïbes, CGEM (exportateurs et logisticiens actifs dans la région). Action concrète : 1) Observation : suivre les déclarations officielles marocaines sur le vote et vérifier qu'elles restent factuelles, sans triomphalisme ; 2) Conformité : demander à la place bancaire un audit rapide de l'exposition aux contreparties liées à Cuba et aux pays tiers susceptibles de tomber sous les décrets américains, sans lien connu à ce stade ; 3) Diplomatie : préparer un argumentaire pour les ambassades d'Amérique latine et des Caraïbes (Colombie, Équateur, Costa Rica, Chili, Pérou) qui présente la position marocaine comme un principe de rejet des mesures unilatérales ; 4) Veille croisée : relier ce vote au dossier saharien au Conseil de sécurité, en observant si les pays ayant voté contre Cuba reprennent des positions sur le Sahara. Délai : sous 1 semaine pour l'argumentaire et l'audit de conformité ; immédiat pour toute réaction publique. Signaux à surveiller : explication ou silence officiel marocain dans les 7 jours ; extension des décrets exécutifs américains à des acteurs tiers (1 à 3 mois) ; réaction de La Havane à la position marocaine ; votes ultérieurs de la Colombie, du Costa Rica et de l'Équateur sur les sujets africains et sahariens (3 à 12 mois) ; évolution de la posture des non-alignés.

Sources (13)

lajornadamaya.mx ↗00:00 · 28 oct.
Prensa Libre ↗16:15 · 28 oct.
EL HERALDO ↗16:32 · 28 oct.
La Jornada ↗16:34 · 28 oct.
Deutsche Welle ↗16:35 · 28 oct.
infobae ↗16:45 · 28 oct.
infobae ↗16:46 · 28 oct.
Cubanet ↗16:49 · 28 oct.
Yahoo! ↗18:07 · 28 oct.
India Today ↗18:14 · 28 oct.
El Espectador ↗18:33 · 28 oct.
hondudiario.com ↗18:56 · 28 oct.

Signaux à surveiller

À venird'ici le 4 nov.sous 7 jours

Déclaration officielle du MAEC ou de la Mission permanente à New York expliquant le vote contre la résolution cubaine

Un silence prolongé confirmerait une lecture de vote technique ; une explication publique ferait du vote un signal politique assumé.

À venird'ici le 25 nov.1 à 4 semaines

Positions du Conseil de sécurité sur le projet américain pour le Sahara, lors des prochaines séances

C'est le test de la convergence : si le vote s'inscrit dans un échange de soutiens, la dynamique se verra sur le dossier saharien.

À venird'ici le 26 janv.1 à 3 mois

Extension des ordres exécutifs américains sur le pétrole et les échanges avec Cuba à des acteurs tiers

Un élargissement aux pays tiers ferait passer le sujet du champ diplomatique à celui de la conformité bancaire et logistique marocaine.

Localisation

États-Unis d'Amérique

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Score Maroc

48/ 100

Acteurs

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Pays mentionnés

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