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Immobilier en Espagne : les Marocains en tête des acheteurs étrangers, un risque d'image plus que financier

14:15 · 26 oct.EspagnePouvoir & CapitalImmobilier résidentiel

Résumé exécutif

Le Portail des statistiques notariales espagnol place les Marocains en tête des acheteurs étrangers de logements en Espagne au premier trimestre 2026, devant les Britanniques, sur fond de baisse globale des transactions de 13 % et de hausse des prix de 9,4 %. Le chiffre n'établit ni l'origine des fonds ni la part réelle des acquéreurs marocains, et les insinuations de l'article sur la corruption ne reposent sur aucune donnée. Le risque est d'image et de récit politique intérieur, dans le contexte des textes anticorruption du PJD et de la promesse de lutte contre la corruption du gouvernement El Mansouri, et non un risque économique ou sécuritaire. À surveiller : la publication du prochain bilan notarial avec ventilation par nationalité, et une éventuelle reprise dans la presse espagnole.

Impact pour le Maroc

Court terme (0 à 3 mois) : Impact réputationnel limité, sans effet économique mesurable pour le Maroc. Le risque immédiat est une reprise de l'article dans la presse régionale ou sur les réseaux sociaux marocains, avec des questions sur l'origine des fonds, qui pèsera surtout sur la perception de la diaspora et des investisseurs marocains installés à l'étranger. Dans le contexte des textes anticorruption du PJD, un parlementaire pourrait citer ce type de données pour demander un contrôle sur les transferts de capitaux vers l'Espagne. Les services concernés, Office des changes et UTRF, n'ont pas à réagir publiquement mais doivent disposer d'une note de situation. Moyen terme (3 à 12 mois) : Si les prochaines statistiques notariales confirment la présence marocaine en tête, le sujet pourrait entrer dans le débat sur les capitaux de la diaspora et la fiscalité des résidents à l'étranger, à l'occasion des lois de finances ou des discussions sur l'enrichissement illicite. Une coopération entre cellules de renseignement financier marocaine et espagnole resterait hypothétique : elle supposerait un signalement précis, absent de l'extrait. Long terme (12 à 36 mois) : Non applicable à ce stade. Une recomposition structurelle n'est envisageable que si le marché espagnol restreignait l'accès des non-résidents, ce qui n'est pas documenté. Parties prenantes marocaines : Office des changes (contrôle des transferts et des investissements immobiliers à l'étranger) ; UTRF (renseignement financier, saisi en cas de soupçon précis) ; Bank Al-Maghrib (balance des paiements et flux de transferts MRE) ; ministère de l'Économie et des Finances (fiscalité des résidents, suivi des patrimoines) ; INPPLC (instance anticorruption, pour toute saisine ou demande de clarification) ; Parlement, groupes PJD et commissions compétentes (usage politique du sujet) ; ambassade du Maroc à Madrid et consulats en Espagne (réponse diplomatique et communication vers la communauté) ; Fondation Hassan II pour les MRE (relais auprès de la diaspora) ; établissements bancaires marocains et leurs filiales européennes (exposition commerciale indirecte). Contre-thèse : l'extrait ne fournit ni la part marocaine réelle ni l'origine des fonds. Ces achats peuvent provenir de revenus professionnels légaux de résidents ou de MRE installés en Espagne, ce qui viderait de substance l'insinuation politique du sujet.

Pourquoi ce score

Score de 40, et non 51 comme le scoring initial, pour trois raisons. Premièrement, le lien avec le Maroc est indirect : il porte sur la nationalité des acheteurs, et non sur une décision, un acteur ou un secteur marocain. La proximité maximale retenue par la grille repose sur la seule mention du Maroc dans le titre, ce qui surpondère un marqueur de nationalité. Deuxièmement, la criticité est faible : il s'agit d'un bilan statistique publié par un organisme espagnol et relayé par la presse, sans annonce ni déclaration. Troisièmement, l'impact sur un secteur marocain est nul à court terme, et l'article ne mesure ni le montant ni la part des achats marocains. Le score reste dans la zone 31-50, cohérente avec des événements du contexte récent à lien symbolique ou de soft power, comme la séquence électorale israélienne autour d'Eisenkot (38 à 44) ou l'affaire Hakimi (44). Source unique : l'article provient d'un média tunisien qui relaie un journal espagnol ; les chiffres notariaux ne sont pas vérifiés dans ce dossier. Les insinuations sur les politiciens et les barons de la drogue ne reposent sur aucune donnée fournie et sont exclues de l'évaluation. Un sceptique objecterait qu'il s'agit d'un marronnier de presse sans portée stratégique, dont la récurrence depuis 2022 traduit davantage un besoin de récit qu'un fait nouveau. Le risque d'une lecture alarmiste serait de transformer une statistique de transactions en procès de la diaspora ou du gouvernement, alors que l'extrait n'établit aucun lien entre ces achats et des fonds illicites.

Recommandation

Niveau : surveiller. Pour qui : Office des changes et UTRF (information et veille sur les transferts vers l'Espagne), ambassade du Maroc à Madrid et consulats en Espagne (anticipation d'une question de presse), cabinet de la cheffe du gouvernement Fatima Ezzahra El Mansouri (volet anticorruption), direction de la communication de l'INPPLC, Fondation Hassan II pour les MRE. Action concrète : 1) observation : suivre la publication trimestrielle du Portail des statistiques notariales et isoler la part des acquéreurs marocains en volume et en montant, seule donnée qui permettrait de qualifier le poids réel du sujet ; 2) communication : préparer une réponse factuelle en cas de reprise par la presse espagnole, en rappelant que les acquisitions immobilières à l'étranger par des résidents ou des MRE ne sont pas en elles-mêmes un indicateur de fonds illicites ; 3) note interne : une fiche de dix lignes pour le cabinet et la Chambre des représentants, qui distingue faits statistiques et insinuations ; 4) pas de démenti public à ce stade, car une réaction disproportionnée donnerait de la visibilité à un article de faible portée. Délai : sous 1 mois, avec un point de veille à la publication notariale suivante. Signaux à surveiller : publication du bilan trimestriel suivant avec ventilation par nationalité ; reprise du sujet dans la presse espagnole de référence ou dans une question parlementaire à Madrid ; examen en commission des textes anticorruption du PJD et mention des achats à l'étranger ; évolution des transferts MRE vers l'Espagne dans les statistiques de Bank Al-Maghrib.

Sources (1)

Tunisie Numerique ↗14:15 · 26 oct.

Signaux à surveiller

À venird'ici le 24 janv.1 à 3 mois

Publication du prochain bilan trimestriel du Portail des statistiques notariales, avec part des acquéreurs marocains en volume et en montant

Seule donnée permettant de vérifier si la place du Maroc se confirme et de qualifier son poids réel.

À venird'ici le 23 nov.1 à 4 semaines

Reprise du sujet par la presse espagnole de référence ou question parlementaire à Madrid

Une reprise en Espagne transformerait une statistique en enjeu bilatéral, dans un contexte de tension autour de Ceuta.

À venird'ici le 23 nov.1 à 4 semaines

Examen en commission des textes anticorruption déposés par le PJD, avec mention des achats immobiliers à l'étranger

Indique si le sujet est repris comme argument politique intérieur, ce qui conditionnerait sa visibilité au Maroc.

À venird'ici le 26 oct.3 à 12 mois

Évolution des transferts MRE vers l'Espagne dans les statistiques de Bank Al-Maghrib

Permettrait de distinguer une hausse réelle des flux de capitaux d'un simple effet de médiatisation.