Importations marocaines de produits pétroliers en hausse de 9 % sur neuf mois, sous l'effet d'un recours au fioul pour l'électricité
Résumé exécutif
Les importations marocaines de produits pétroliers progressent de 9 % sur les neuf premiers mois de 2026, avec un pic historique en mars lié au recours au fioul et au gazole pour l'électricité. Ce signal révèle une fragilité du mix électrique face à l'instabilité des approvisionnements gaziers, avec un effet direct sur la facture énergétique et les arbitrages budgétaires. À surveiller : les données officielles de l'ONEE et la trajectoire des prix du baril.
Impact pour le Maroc
Court terme (0 à 3 mois) : La hausse des importations de produits pétroliers par voie maritime pèse sur la facture énergétique et sur la trésorerie des importateurs. L'ONEE et les distributeurs d'hydrocarbures sont directement exposés, en particulier si le recours au fioul et au gazole pour l'électricité se prolonge au-delà de l'épisode de substitution gazière. Le pic de mars 2026 rappelle que la capacité de remplacement reste limitée. Moyen terme (3 à 12 mois) : Si les prix du baril restent élevés, l'effet se transmettra à la subvention des produits pétroliers et au compte de la Caisse de compensation, avec des arbitrages budgétaires sous la contrainte fixée par le PLF 2027. La réorientation des fournisseurs vers les États-Unis et la Turquie pourrait modifier les conditions de financement et de transport. Long terme (12 à 36 mois) : La dépendance observée renforce l'argument structurel en faveur du gaz naturel, des renouvelables et du stockage, dans le cadre de la stratégie énergétique nationale. Ce scénario pourrait accélérer les projets de terminaux méthaniers et d'intégration du mix électrique. Parties prenantes marocaines : ONEE (approvisionnement électrique et fioul de substitution), ministère de l'Énergie et des Mines (pilotage du mix énergétique), ministère de l'Économie et des Finances (subvention et compte de la Caisse de compensation), Office des changes (devises consacrées aux importations), Bank Al-Maghrib (inflation importée), SAMIR et distributeurs pétroliers (approvisionnement et marges), MASEN et NARSA (substitution par renouvelables et sécurité d'approvisionnement). Contre-thèse : L'épisode pourrait n'être qu'un choc temporaire lié à l'instabilité gazière espagnole, et la baisse des importations en septembre 2026 pourrait confirmer un retour à la normale.
Pourquoi ce score
Score de 70 : le lien avec le Maroc est explicite et l'effet est déjà mesurable (hausse constatée sur janvier à septembre 2026), mais l'événement reste une publication de données par une unité de recherche, sans décision officielle, sans engagement de capital et sans rupture d'approvisionnement signalée. Il se situe donc nettement au-dessus d'un simple signal sectoriel, mais sous les événements à décision publique du contexte récent notés 80 à 90, comme le PLF 2027 ou l'investissement CMA Terminals à Nador West Med. La source est unique et de nature non officielle, ce qui impose une prudence sur les volumes précis. Un sceptique objecterait que la hausse de 9 % reste modeste en valeur absolue (22 000 barils par jour) et qu'un épisode de substitution temporaire, lié à un choc gazier ponctuel, ne constitue pas une tendance structurelle. Le risque d'une lecture alarmiste serait de transformer une hausse conjoncturelle en signal de dépendance durable sans attendre les données officielles de l'ONEE ou de l'Office des changes.
Recommandation
Niveau : surveiller. Pour qui : ONEE, ministère de l'Énergie et des Mines, ministère de l'Économie et des Finances, Office des changes, Bank Al-Maghrib. Action concrète : observation et note de synthèse croisant ces données avec les statistiques officielles de l'Office des changes sur les importations énergétiques, afin de vérifier l'ampleur réelle de la hausse et sa durée. Une vérification auprès de l'ONEE sur les volumes de fioul consommés pour la production électrique permettrait de distinguer un épisode conjoncturel d'une dépendance structurelle. Aucune contre-mesure immédiate n'est justifiée sur la seule base d'une publication non officielle. Délai : sous 1 semaine pour la vérification des données, sous 1 mois pour la note de synthèse. Signaux à surveiller : publication mensuelle des statistiques de l'Office des changes sur les importations énergétiques, cours du Brent et du gazole, volumes de fioul consommés par l'ONEE, reprise des flux de gaz espagnol vers le Maroc, évolution de la part des États-Unis dans les approvisionnements.