Noor PV Multisites : Masen ouvre la présélection de 350 MW de solaire au sol, échéance 30 novembre
Résumé exécutif
Masen lance la présélection de Noor PV Multisites, un programme d'au moins 350 MW de solaire au sol en six installations de 40 à 170 MW réparties sur cinq régions, avec des candidatures attendues avant le 30 novembre. Il s'agit d'une étape procédurale d'un programme déjà signalé le 19 octobre, mais le modèle clés en main incluant l'exploitation-maintenance fixe les règles d'un chantier qui pèsera sur la trajectoire renouvelable du Royaume (45,5 % de la capacité installée à mi-2025, cible de 52 % en 2030). L'enjeu pour Rabat n'est pas la communication mais la capacité des groupes marocains du BTP et de l'industrie à capter une part du contenu local, et celle du réseau à absorber les raccordements dans les délais.
Impact pour le Maroc
Court terme (0 à 3 mois) : La procédure entre dans sa phase de qualification, avec des dossiers attendus avant le 30 novembre à midi, heure marocaine, sur la plateforme e-tendering de Masen. Masen doit démontrer que son calendrier reste crédible après Noor Atlas, dont la construction a démarré en mars sur six centrales ; les groupes marocains de BTP et d'ingénierie disposent d'une fenêtre courte pour constituer des consortiums, car les candidatures supposent souvent des partenariats avec des fournisseurs d'équipements et des EPC étrangers. Aucun effet sur les prix de l'électricité ni sur les finances publiques n'est attendu à cette échéance, puisqu'aucun contrat n'est encore signé. Moyen terme (3 à 12 mois) : La liste des présélectionnés, puis la phase d'appel d'offres restreint, fixeront le paysage des contractants du solaire utilitaire marocain. Il est probable que des lots de 40 à 170 MW élargissent la concurrence par rapport à un projet unique de grande taille, à condition qu'ils ne soient pas regroupés par la suite. La contrainte la plus lourde reste le raccordement : l'ONEE et l'ANRE devront anticiper les injections dans cinq régions, ce qui conditionnera le calendrier de mise en service. Le rythme de démarrage de Noor Atlas, dont la mise en service doit commencer en juillet 2027, servira de référence pour juger les délais de Noor PV Multisites. Long terme (12 à 36 mois) : Si les 350 MW sont réalisés, le parc utilitaire passerait d'environ 1 285 MW à près de 1 635 MW, soit environ 1 940 MW avec Noor Atlas (calcul interprétatif, à actualiser selon les mises en service effectives). La cible de 52 % d'énergies renouvelables en 2030 deviendrait plus atteignable, avec un effet favorable sur la dépendance aux importations d'énergie, dont l'ampleur n'est pas chiffrée dans les articles. Le couplage entre solaire, stockage, batteries produites localement et PV flottant sur les barrages, jugé économiquement viable par des travaux de recherche, pourrait dessiner une filière intégrée, si la politique de contenu local est explicite. Parties prenantes marocaines : Masen (maître d'ouvrage, pilote du programme et de la plateforme de passation), ONEE (acheteur de l'électricité au titre des PPA et gestionnaire du réseau), ANRE (régulateur et source des données d'installation 2025), ministère de tutelle de l'énergie (arbitrage des calendriers et de la politique industrielle), CGEM (commission énergie, relais des PME du BTP et de la métallurgie), groupes marocains de BTP et d'ingénierie (candidats potentiels en consortium), AMDIE (promotion des investisseurs étrangers intéressés par le solaire). Contre-thèse : Le programme peut glisser si le raccordement réseau ou le financement bloquent la phase suivante, et la présélection pourrait rester une étape administrative sans suite rapide. Le contenu local pourrait aussi rester théorique : sans règles contraignantes, la valeur industrielle serait captée à l'étranger.
Pourquoi ce score
Score de 67, et non 71 comme suggéré par la grille de scoring interne, pour trois raisons. Premièrement, le lien avec le Maroc est direct : Masen, opérateur public, lance une procédure sur le territoire national pour au moins 350 MW, soit un programme au cœur de la politique énergétique du Royaume. Deuxièmement, la nature de l'événement reste procédurale : une présélection n'engage ni contrat, ni financement, ni décision d'investissement, et l'article ne mentionne aucun montant. Troisièmement, la nouveauté est faible : le contexte du 19 octobre traitait déjà un appel d'offres de 350 MW pour Noor PV, noté 64. L'apport propre de cet article tient aux détails opérationnels : date limite du 30 novembre, modèle EPC incluant l'exploitation-maintenance, découpage en six installations réparties sur cinq régions, et lien avec les PPA signés pour Noor Atlas. Ces éléments justifient une hausse de trois points par rapport au dossier antérieur, pas davantage. La source est par ailleurs unique : pv magazine, qui cite TaiyangNews pour le découpage régional, sans recoupement dans les autres articles disponibles. Les chiffres de contexte (204 MW installés en 2025, 1 285 MW cumulés, 45,5 % d'énergies renouvelables) sont attribués à l'ANRE et à l'ONEE, ce qui les rend plus solides que le détail régional. Un sceptique objecterait que ces programmes solaires connaissent souvent des glissements de calendrier, que la présélection peut être allongée ou reportée, et que la mise en service dépend du raccordement au réseau, ce qui réduirait l'impact réel à court terme. Le risque d'une lecture triomphaliste serait de présenter une étape administrative comme un tournant de la souveraineté énergétique.
Recommandation
Niveau : analyser. Pour qui : Masen (direction des programmes solaires et direction juridique, pour la lecture des lots), ONEE (direction du raccordement et achats d'électricité), ANRE, ministère de tutelle de l'énergie, CGEM (commission énergie), AMDIE pour le volet investisseurs étrangers. Action concrète : 1) Mettre en place une veille quotidienne sur la plateforme e-tendering de Masen et sur les avis de présélection, avec alerte dès la publication de la liste des candidats. 2) Demander à la CGEM d'évaluer la capacité des PME marocaines (structures métalliques, câblerie, transformateurs, génie civil) à entrer dans les consortiums, afin de documenter le niveau de contenu local. 3) Faire vérifier par l'ONEE l'état des raccordements dans les cinq régions concernées avant le dépôt des offres, pour identifier les lots les plus exposés à un retard. 4) Préparer une communication factuelle qui rattache Noor PV Multisites à la cible de 52 % en 2030, sans l'assimiler à un acquis. Délai : sous 1 mois, l'échéance du 30 novembre constituant le point de bascule. Signaux à surveiller : publication de la liste des présélectionnés, nombre et origine des consortiums marocains, prorogation éventuelle de la date limite, calendrier de mise en service de Noor Atlas (juillet 2027), annonces de l'ONEE sur les capacités de raccordement.