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Samir : la Jabha réclame la reprise du raffinage et le retour à la régulation des prix des carburants

21:30 · 25 oct.MarocÉnergie, Eau & RessourcesRaffinage

Résumé exécutif

La Jabha nationale de sauvegarde de la raffinerie Samir réclame la reprise du raffinage et l'abandon de la libéralisation des prix des carburants, en reliant la hausse des prix de l'énergie aux guerres et aux entraves à la navigation. Il s'agit d'un plaidoyer non étatique aux chiffres non vérifiés (marges de plus de 6 dirhams le litre de gazole), mais il inscrit la question des carburants et de la souveraineté énergétique dans le débat budgétaire du PLF 2027 et dans l'agenda du nouveau gouvernement. Le signal à surveiller est la réponse de l'exécutif sur la régulation des prix, plus que le communiqué lui-même.

Impact pour le Maroc

Court terme (0 à 3 mois) : Impact essentiellement politique et d'opinion. Le débat va porter sur la facture des carburants et sur l'inscription de Samir dans l'agenda gouvernemental, sans décision immédiate. Le ministère chargé de l'Énergie et le ministère des Finances (MEF) seront les premiers interpellés sur les marges de raffinage et sur le maintien de la libéralisation. Bank Al-Maghrib suivra la contribution des carburants à l'inflation, qui pourrait alimenter ses prévisions pour les prochains trimestres. Les distributeurs et les transporteurs routiers, dont les coûts sont directement exposés, seront les premiers relais du signal sur les prix à la pompe. Moyen terme (3 à 12 mois) : Si la question de Samir entre dans le PLF 2027 ou dans une loi de finances rectificative, l'État devra arbitrer entre un soutien aux prix (compensation, fiscalité allégée) et la rigueur budgétaire, dans un contexte de déficit visé autour de 3 %. Une étude de faisabilité sur la reprise du raffinage, ou un cahier des charges de reprise, deviendrait probable si le débat parlementaire se prolonge. Long terme (12 à 36 mois) : Le débat sur la souveraineté énergétique pourrait recomposer la stratégie de sécurité d'approvisionnement : stocks stratégiques, diversification des origines, place des renouvelables dans le mix. Une éventuelle reprise de Samir modifierait l'équilibre entre raffinage local et importation de produits finis, avec un effet sur la balance commerciale énergétique et sur les emplois industriels de la zone. Parties prenantes marocaines : Gouvernement (chef du gouvernement et ministère chargé de l'Énergie, en charge de la politique des hydrocarbures et du dossier Samir) ; ministère des Finances (MEF, arbitrages fiscaux et compensation) ; Bank Al-Maghrib (inflation et pouvoir d'achat) ; Conseil de la concurrence (contrôle des marges et des conditions de concurrence sur la distribution des carburants) ; groupes parlementaires de la majorité et de l'opposition (à l'origine des promesses électorales sur Samir) ; CGEM (compétitivité des entreprises face au coût de l'énergie) ; MASEN et ONEE (place des renouvelables que la Jabha juge sous-évaluée) ; HCP (suivi de l'IPC carburants) ; distributeurs de carburants et transporteurs routiers (relais de prix). Contre-thèse : Le communiqué émane d'un acteur non étatique aux chiffres non vérifiés ; une baisse durable des cours internationaux ou un rééquilibrage des marges de distribution suffiraient à atténuer la pression politique, et une relance de Samir supposerait des investissements et une viabilité économique que le texte ne chiffre pas.

Pourquoi ce score

Score de 56, sous le repère de 61 de la grille, pour trois raisons. D'abord, la source est unique : un communiqué de la Jabha nationale de sauvegarde de la raffinerie, émis après une réunion de son bureau exécutif, sans décision de l'État, sans engagement de capital et sans calendrier, ce qui justifie une criticité faible et une urgence moyenne. Ensuite, les chiffres les plus marquants (marges de raffinage supérieures à 6 dirhams le litre de gazole, part des renouvelables de 10 % de la production) sont présentés comme des estimations des auteurs du communiqué et ne peuvent être recoupés avec les articles fournis : ils fondent l'argumentaire sans l'établir. Enfin, l'impact réel dépend de décisions futures (régulation des prix, reprise de l'activité de la raffinerie) qui ne sont pas engagées. Pour autant, le score reste dans la zone du lien clair : la question des carburants touche directement le pouvoir d'achat et l'inflation, déjà tirée par les carburants selon le contexte récent (IPC de septembre), et elle s'inscrit dans l'examen du PLF 2027 et la mise en place du nouveau gouvernement. Il se situe sous les décisions budgétaires du PLF 2027 notées entre 64 et 74 dans le contexte récent, et au-dessus des prises de position partisanes sans enjeu budgétaire (40 à 45). Un sceptique objecterait que ce communiqué relève d'une logique de campagne d'opinion, que le sujet Samir, ancien et déjà repris pendant les campagnes électorales, a peu de nouveauté (4/10), et qu'aucun relais institutionnel n'est documenté. Le risque d'une lecture alarmiste serait de prendre ce plaidoyer pour une décision publique, alors que l'inconnue réelle est la position de l'exécutif sur la régulation des prix.

Recommandation

Niveau : surveiller. Pour qui : ministère chargé de l'Énergie (direction des hydrocarbures), ministère des Finances (MEF, direction du Budget), Bank Al-Maghrib (suivi de l'inflation carburants), Conseil de la concurrence, CGEM (commission énergie), cabinet du chef du gouvernement pour le volet PLF 2027. Action concrète : observation et note de synthèse, sans contre-mesure immédiate. 1) Faire vérifier par la direction compétente les marges de raffinage et de distribution avancées par la Jabha (ordre de grandeur de 6 dirhams le litre de gazole), afin de disposer d'une base factuelle avant tout échange public ; 2) suivre la composante carburants de l'IPC et les prix à la pompe pour mesurer si l'argument du pouvoir d'achat gagne en force ; 3) préparer une note d'arbitrage sur les options de régulation (compensation ciblée, fiscalité sur les carburants) à soumettre au MEF si la question entre dans le PLF 2027 ; 4) évaluer la faisabilité technique et financière d'une reprise partielle des capacités de Samir, sans engagement public, pour répondre à la critique de l'absence du dossier dans le programme gouvernemental ; 5) ne pas réagir publiquement à ce stade, car la Jabha n'est pas un décideur et une réponse officielle lui donnerait une visibilité qu'elle ne possède pas. Délai : sous 1 mois, avec un point d'étape à J+30 au moment de la publication de l'IPC d'octobre et du débat budgétaire. Signaux à surveiller : inscription de Samir dans les déclarations du gouvernement ou dans le débat parlementaire sur le PLF 2027 ; évolution des prix moyens du gazole et du super à la pompe ; composante carburants de l'IPC publiée par le HCP ; réaction de la majorité et de l'opposition qui avaient repris le dossier Samir dans leurs campagnes.

Sources (1)

الأيام 24 ↗21:30 · 25 oct.

Signaux à surveiller

À venird'ici le 23 janv.1 à 3 mois

Inscription de la reprise de la raffinerie Samir ou de la régulation des prix dans les déclarations du gouvernement ou dans les amendements au PLF 2027

Premier test de la prise en compte politique du plaidoyer : une absence persistante confirmerait que le dossier reste un enjeu d'opposition.

À venird'ici le 22 nov.1 à 4 semaines

Prix moyens du gazole et du super-carburant à la pompe, suivi hebdomadaire

Permet de vérifier si la pression sur le pouvoir d'achat invoquée par la Jabha se confirme dans les prix observés.

À venird'ici le 22 nov.1 à 4 semaines

Composante carburants de l'indice des prix à la consommation d'octobre, publié par le HCP

Mesure la contribution des carburants à l'inflation, et donc la justification d'une éventuelle réintroduction d'un mécanisme de soutien.

À venird'ici le 1 nov.sous 7 jours

Réaction officielle du ministère chargé de l'Énergie aux demandes de retour à la régulation des prix

Une réponse rapide indiquerait que la question est jugée sensible ; un silence prolongé la laisserait au seul registre de l'opinion.

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