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Sothema rachète Ramo Pharm et installe une plateforme santé grand public, sous réserve de la concurrence

09:26 · 28 oct.MarocEntreprises & StratégieIndustrie pharmaceutique

Résumé exécutif

Sothema, présenté comme le premier laboratoire pharmaceutique marocain, annonce l'acquisition de 100 % de Ramo Pharm pour structurer une quatrième branche santé grand public, sous réserve de l'autorisation du Conseil de la concurrence. Le signal est d'abord industriel et national : il consolide un acteur marocain privé, sans montant ni calendrier publiés, dans un segment secondaire pour la souveraineté sanitaire. Le point à suivre est le chevauchement sur les compléments alimentaires, où Sothema est déjà présent, et la trajectoire export annoncée, qui testera la capacité du groupe à porter des marques marocaines hors du Royaume.

Impact pour le Maroc

Court terme (0 à 3 mois) : L'impact immédiat se limite à la phase d'instruction. Le Conseil de la concurrence est l'acteur décisif, puisque l'autorisation précède toute finalisation, et l'article 4 souligne que ni le prix, ni le calendrier, ni les modalités d'intégration ne sont connus. Sothema devra préciser le périmètre de sa nouvelle unité Wellness & Consumer Health, sous la conduite de Lamia Tazi, PDG, et de Karim Akouz, associé-gérant de Ramo Pharm. Pour les grossistes et les pharmacies qui référencent les marques de Ramo Pharm, le changement de propriétaire ne devrait pas modifier les produits à court terme, mais il peut déclencher une revue des conditions commerciales. Moyen terme (3 à 12 mois) : Si l'autorisation est accordée, la valeur se jouera dans l'exécution des trois axes annoncés : développer les marques existantes, lancer de nouvelles références, ouvrir des débouchés internationaux et mutualiser des ressources. Il est probable que l'export soit testé d'abord sur les marchés où Sothema dispose déjà d'implantations, ce qui fournira un premier indicateur de la thèse internationale. Le protocole signé avec Naali au salon Officine Expo 2026 à Marrakech, dont le contenu n'est pas détaillé dans les articles fournis, suggère une stratégie de partenariats commerciaux menée en parallèle de la consolidation capitalistique. Long terme (12 à 36 mois) : La recomposition structurelle concerne la concentration de l'industrie pharmaceutique nationale autour de quelques groupes capables d'acquérir. Avec Soludia Maghreb, finalisée en décembre 2025, et Ramo Pharm, Sothema dessine une architecture en quatre pôles dont le centre de gravité pourrait glisser vers la santé grand public, segment moins encadré que le médicament mais plus exposé à la concurrence des marques. Pour l'État, l'enjeu de fond est l'équilibre entre champions nationaux, maîtrise des dépenses de santé et accès au réseau officinal. Parties prenantes marocaines : Conseil de la concurrence (autorisation et appréciation des effets sur les marchés des compléments alimentaires et de la distribution) ; ministère de la Santé et de la Protection sociale et ANMPS (encadrement réglementaire des produits de santé) ; ONSSA, si la qualification des compléments alimentaires relève de sa compétence, à vérifier au cas par cas ; Ordre national des pharmaciens (relais du réseau officinal) ; CGEM (représentation de l'industrie privée) ; Sothema (Lamia Tazi, PDG) et Ramo Pharm (Karim Akouz, associé-gérant) comme parties directes ; Naali, partenaire commercial dont le périmètre reste à préciser. Contre-thèse : L'opération pourrait être bloquée ou conditionnée si le Conseil de la concurrence juge le chevauchement sur les compléments alimentaires trop concentré ; son impact stratégique resterait alors marginal, les compléments étant un segment secondaire pour la souveraineté sanitaire.

Pourquoi ce score

Score de 62, et non les 69 du repère de grille : celle-ci attribue la totalité de la criticité (25/25) à un accord signé, alors que la transaction reste suspendue à l'autorisation du Conseil de la concurrence, sans prix ni calendrier publiés (articles 3 et 4). Le lien avec le Maroc est en revanche direct et documenté : deux entreprises marocaines, un réseau officinal national, des marques distribuées dans les pharmacies du Royaume (articles 1, 2 et 3). Le calibrage par rapport au contexte récent conduit à retenir une valeur inférieure à l'entrée de Marsa Maroc au capital des terminaux de Boluda (73) et aux investissements renouvelables de MASEN (67), qui engagent des montants publics ou des filières entières ; ici, le secteur est secondaire et les acteurs sont privés. Les quatre articles relaient pour l'essentiel un même communiqué de Sothema : leur convergence ne vaut pas confirmation indépendante, et les synergies comme l'intégration reposent sur les seules déclarations de l'acquéreur. Un sceptique objecterait que la consolidation d'une marque de compléments alimentaires par un laboratoire n'est qu'une opération de portefeuille sans conséquence pour l'État, et que même 62 surinterprète un fait d'affaires ordinaire. Le risque inverse, complaisant, serait d'attribuer une stratégie de souveraineté sanitaire à une diversification commerciale dont la portée dépendra de l'exécution.

Recommandation

Niveau : surveiller. Pour qui : ministère de la Santé et de la Protection sociale, ANMPS, Conseil de la concurrence (suivi de la saisine), CGEM (commission santé), AMDIE pour les volets export et attractivité, ainsi que les groupes pharmaceutiques marocains concurrents, par un canal de veille sectorielle. Action concrète : 1) observation : suivre la saisine et la décision du Conseil de la concurrence, en identifiant les marchés pertinents et les parts de marché déclarées sur les compléments alimentaires ; 2) note de veille : ouvrir une fiche de suivi sur la consolidation de l'industrie pharmaceutique nationale (Soludia Maghreb, Ramo Pharm, protocole Naali) pour distinguer une stratégie d'une suite d'opérations isolées ; 3) marché : pour les acteurs concurrents, évaluer une réponse commerciale sur les segments ORL et immunité, sans action publique à ce stade ; 4) communication : aucune prise de parole officielle n'est nécessaire, l'opération relevant d'une initiative privée et les acteurs publics n'étant pas parties prenantes à la transaction. Délai : sous 1 mois, avec une revue immédiate si la décision du Conseil de la concurrence intervient plus tôt que prévu. Signaux à surveiller : publication de la saisine ou de la décision du Conseil de la concurrence ; communication sur le prix et le calendrier de finalisation ; premier marché export annoncé pour les marques Ramo Pharm ; contenu détaillé du protocole Naali. Ce niveau ne justifie pas d'alerte au cabinet, mais une note de consolidation sectorielle, car un rachat isolé ne fait pas une tendance, alors que trois opérations successives (dialyse, compléments alimentaires, partenariat commercial) dessinent une stratégie de consolidation par étapes qui mérite d'être documentée.

Sources (5)

Le Matin ↗09:26 · 28 oct.
Infomédiaire ↗11:22 · 28 oct.
www.le360.ma ↗11:26 · 28 oct.
Le Desk ↗12:22 · 28 oct.
LesEco.ma ↗14:12 · 28 oct.

Signaux à surveiller

À venird'ici le 26 janv.1 à 3 mois

Publication de la saisine ou de la décision du Conseil de la concurrence sur l'acquisition de Ramo Pharm par Sothema

Conditionne la finalisation et révèle l'appréciation du chevauchement sur les compléments alimentaires.

À venird'ici le 26 janv.1 à 3 mois

Communication de Sothema sur le prix de la transaction et le calendrier de finalisation

Le montant permettra de situer l'opération par rapport à Soludia Maghreb (valeur estimée à un milliard de dirhams) et de juger de la priorité accordée au segment.

À venird'ici le 28 oct.3 à 12 mois

Annonce d'un premier marché export pour les marques Ramo Pharm via les implantations de Sothema

Premier test concret de la thèse de projection internationale, au-delà des déclarations du communiqué.