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Soutien social direct : Rabat prépare un ciblage fondé sur le revenu et un relèvement à 1000 DH

20:04 · 30 oct.MarocAutreProtection sociale

Résumé exécutif

Le gouvernement prépare une refonte du soutien social direct : retrait progressif de certaines variables de l'indice actuel, intégration du revenu puis critère de revenu seul à mi-mandat, et relèvement du minimum de 500 à 1000 dirhams en plusieurs paliers, en lien avec le PLF 2027. Le signal est domestique, mais il engage près de quatre millions de familles et le budget de l'État, dans un contexte d'inflation et de hausse du coût de la vie. Son risque principal est d'ordre social : une erreur de ciblage peut exclure des ménages vulnérables et alimenter la contestation à l'approche de 2027. À suivre : l'inscription budgétaire de la première tranche et le texte réglementaire définissant le nouveau critère.

Impact pour le Maroc

Court terme (0 à 3 mois) : Le passage du PLF 2027 devant la Chambre des représentants fixera l'enveloppe de la première tranche (600 dirhams) et le principe de la transition. Le ministère de l'Économie et des Finances et de la Performance publique doit arbitrer le coût de la mesure et préparer ses modalités d'application. Les familles déjà bénéficiaires, environ quatre millions selon le ministre, n'ont pas d'effet immédiat à attendre : la revalorisation est progressive et subordonnée à la programmation budgétaire. Le risque immédiat porte surtout sur le discours : la période est propice à une polémique sur les exclusions, et la communication gouvernementale doit anticiper les cas concrets. Moyen terme (3 à 12 mois) : Le texte d'application devrait préciser les variables retirées de l'indice actuel, la méthode d'intégration des revenus et le calendrier des paliers. Si la première année est fixée à 600 dirhams, les effets de consommation pourraient se diffuser dans les petites villes et les zones rurales, avec un effet inflationniste limité mais réel sur les produits de base. L'audit des bases de données des assurés peut entraîner des radiations ou des réintégrations, dont le volume constituerait un indicateur clé à suivre. Les hôpitaux publics devraient voir leur rôle renforcé dans la couverture sanitaire, avec des objectifs de performance à produire. Long terme (12 à 36 mois) : L'horizon évoqué, le milieu de la mandature gouvernementale, correspond à une bascule vers un critère de revenu seul. Cette recomposition déplacera la dépendance du dispositif vers le fichier fiscal et les déclarations, ce qui relève d'un chantier structurel de l'administration fiscale et de la lutte contre l'informalité. Si le ciblage réussit, le Maroc disposera d'un outil plus lisible de redistribution, utile pour la cohésion sociale à l'approche des échéances politiques. À l'inverse, un ciblage mal conçu produirait une fracture entre ménages déclarés et ménages précaires exclus. Parties prenantes marocaines : Ministère de l'Économie et des Finances et de la Performance publique (Fouzi Lekjaa, conception et pilotage de la réforme) ; Chambre des représentants (examen du PLF 2027 et débat sur les critères) ; Direction générale des impôts (base déclarative du critère de revenu) ; Hôpitaux publics et assurance maladie obligatoire (effectivité de la couverture, mentionnée dans l'article) ; Bank Al-Maghrib (effet sur l'inflation et la consommation) ; Haut-Commissariat au Plan (mesure de la pauvreté et des revenus) ; CGEM (lien entre protection sociale et formalisation de l'emploi) ; ménages bénéficiaires et associations de la société civile (relais d'une contestation éventuelle). Contre-thèse : Si la réforme reste au stade de l'intention faute de traduction budgétaire dans le PLF 2027, son impact se réduirait à un signal politique ; un report du passage au revenu seul limiterait en outre le risque d'exclusion qui forme le principal point de fragilité.

Pourquoi ce score

Score de 62 : il se situe dans la zone de lien clair (51 à 70) sans atteindre le seuil de 71 réservé aux décisions à effet direct et chiffré, comme la hausse de l'impôt sur les sociétés des distributeurs d'hydrocarbures notée 72 dans le contexte récent. Le lien avec le Maroc est total, puisqu'il s'agit d'une décision interne d'un gouvernement marocain, mais la portée reste limitée pour trois raisons. L'article ne contient aucun chiffrage macroéconomique ; aucune date n'est arrêtée pour le passage au revenu seul, qui est renvoyé au milieu de la mandature ; et la mesure relève d'une intention (le gouvernement « entend », « se propose ») et non d'un texte adopté. L'événement ne repose que sur une seule source, un article en arabe dont le texte est tronqué en fin de développement : les éléments retenus (relèvement du minimum de 500 à 600 puis 1000 dirhams, retrait de variables, critère de revenu à terme, audit des bases, lien avec l'emploi) sont attribués au ministre Fouzi Lekjaa et doivent être confirmés par d'autres supports. Le score se place au-dessus des sujets sociaux symboliques du contexte récent, comme la grâce royale notée 64, parce que la mesure touche environ quatre millions de familles et le budget de l'État. Un sceptique objecterait que l'annonce est un exercice de communication à l'approche de 2027 et que la réforme des critères est technique, sans portée politique réelle : c'est plausible, d'autant que le calendrier est progressif. Le risque d'une lecture alarmiste serait en revanche de surinterpréter des exclusions dont l'article ne documente pas le volume.

Recommandation

Niveau : analyser. Pour qui : cabinet du ministre de l'Économie et des Finances et de la Performance publique (Fouzi Lekjaa) et direction du Budget, Bank Al-Maghrib (direction de la conjoncture, effets inflationnistes et consommation), Haut-Commissariat au Plan (indicateurs de pauvreté et de revenus), CGEM (commission emploi et protection sociale), cellule de veille du Chef du gouvernement. Action concrète : 1) suivre le volet social du PLF 2027 à chaque étape parlementaire, en repérant les amendements qui touchent au montant de 600 dirhams et au calendrier de transition ; 2) demander à la direction du Budget une estimation chiffrée du coût annuel de la revalorisation et du passage au critère de revenu, en partant du chiffre de quatre millions de familles ; 3) préparer une grille de réponse pour la presse sur les cas d'exclusion et la méthode de vérification des revenus, afin qu'une erreur de ciblage ne devienne pas un sujet d'opinion avant les échéances de 2027 ; 4) intégrer le risque d'effet de seuil lié à l'emploi dans les travaux de la CGEM sur la formalisation. Délai : sous 1 semaine pour la note de cadrage budgétaire, sous 1 mois pour l'analyse détaillée du texte en commission. Signaux à surveiller : inscription de la première tranche (600 dirhams) dans le PLF 2027 au moment du vote ; publication d'un texte réglementaire fixant les variables retirées de l'indice et la méthode d'intégration des revenus ; déclarations des syndicats, associations et partis d'opposition sur les cas d'exclusion ; évolution de l'inflation alimentaire publiée par le HCP et Bank Al-Maghrib.

Sources (1)

أنا الخبر ↗20:04 · 30 oct.

Signaux à surveiller

À venird'ici le 28 janv.1 à 3 mois

Inscription de la première tranche (600 dirhams) et de l'enveloppe du soutien social direct dans le PLF 2027, lors du vote en commission puis en séance plénière

Sans traduction budgétaire, la revalorisation reste une intention et son effet sur les ménages comme sur l'opinion est différé.

À venird'ici le 30 oct.3 à 12 mois

Publication d'un texte réglementaire fixant les variables retirées de l'indice et la méthode d'intégration des revenus

Le contenu du nouveau critère détermine le volume des exclusions et donc le niveau de risque social.

À venird'ici le 27 nov.1 à 4 semaines

Déclarations des syndicats, associations et partis d'opposition sur les cas d'exclusion de familles

Une contestation précoce indiquerait que la réforme est perçue comme un risque électoral avant son adoption.