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Tourisme sud-africain : -16,9 % de visiteurs en septembre, le Maroc cité comme concurrent de référence

17:03 · 28 oct.Afrique du SudAfrique & InfluenceTourisme

Résumé exécutif

La baisse de 16,9 % des visiteurs en Afrique du Sud en septembre est d'abord mensuelle : la variation annuelle n'est que de -1,3 %, et le signal pour le Maroc tient surtout au classement BDO qui place le Royaume devant Pretoria comme destination préférée du continent. Ce repère comparatif ne vaut pas résultat marocain, mais il s'inscrit dans une bataille d'image où Pretoria prépare une offensive de reconquête vers le Nigeria et le Ghana, segment que le Maroc doit défendre. À suivre : la prochaine publication mensuelle de Stats SA et le lancement effectif de la campagne ouest-africaine.

Impact pour le Maroc

Court terme (0 à 3 mois) : Impact direct très limité. Aucune décision marocaine n'est requise à ce stade, mais le classement BDO, s'il circule, peut alimenter les argumentaires de promotion adressés aux tour-opérateurs. L'ONMT et le ministère chargé du Tourisme sont les premiers concernés pour vérifier que les données marocaines permettent de documenter une telle comparaison. La RAM, dont le réseau dessert l'Afrique de l'Ouest, est directement exposée si la campagne sud-africaine se traduit par une compétition tarifaire ou promotionnelle sur le trafic nigérian et ghanéen, car la captation de ce trafic passe par les hubs aériens. Moyen terme (3 à 12 mois) : Si la campagne de reconquête produit des effets, la demande ouest-africaine pourra se répartir différemment, ce qui obligerait les opérateurs marocains à renforcer leur offre de séjour et de promotion à destination de ce segment. Le rapport BDO, repris par la presse régionale, pourrait devenir une référence de comparaison continentale : le Maroc devra alors être en mesure de publier ses propres résultats, que l'article ne fournit pas. La diplomatie touristique vers l'Afrique de l'Ouest, portée par le MAEC et les ambassades, gagnerait à intégrer ce risque de concurrence sur le segment nigérian et ghanéen. Long terme (12 à 36 mois) : La recomposition structurelle porte sur la hiérarchie des destinations africaines. Si l'Afrique du Sud ne réduit pas sa dépendance aux visiteurs de la SADC et ne parvient pas à attirer une clientèle à forte dépense, son déclin relatif renforcera la position de destinations concurrentes, dont le Maroc, sans garantir une captation durable. Le défi marocain est de transformer une préférence perçue en recettes, ce qui suppose une montée en gamme de l'offre et un investissement hôtelier ciblé. Parties prenantes marocaines : ONMT (promotion internationale et suivi des classements), ministère chargé du Tourisme (cadre stratégique et communication sectorielle), MAEC (diplomatie touristique et relations avec le Nigeria et le Ghana), RAM (desserte aérienne et connectivité vers l'Afrique de l'Ouest), FNT (représentation des hôteliers et des opérateurs), CGEM (voix du secteur privé touristique), AMDIE (attraction d'investissements hôteliers et de destination). Contre-thèse : La campagne sud-africaine pourrait échouer à restaurer l'image du pays, et le classement BDO, sourcé ici de seconde main, pourrait ne pas se traduire en flux réels ; la baisse de septembre est vraisemblablement saisonnière, la variation annuelle n'étant que de -1,3 %.

Pourquoi ce score

Score de 40 : la grille de scoring proposait 51, que je corrige à la baisse pour trois raisons. Premièrement, la proximité maximale (30/30) repose sur une mention comparative : le Maroc est cité comme concurrent et placé devant l'Afrique du Sud dans un rapport de BDO, mais aucun fait marocain (fréquentation, recettes, investissement) n'est documenté dans l'article. Deuxièmement, l'événement principal est une statistique sud-africaine (835 380 visiteurs en septembre), dont la baisse de 16,9 % est mensuelle, la variation annuelle n'étant que de -1,3 %. Troisièmement, l'article repose sur une seule source, Business Day, et le classement BDO n'y est cité que de seconde main. Le score se situe donc dans la tranche « indirect mais stratégique » (31 à 50), au niveau d'un signal commercial comparable à l'essor de Coca-Cola au Maroc (45) dans le contexte récent, et nettement sous les dossiers de calibre 60 du même contexte. Un sceptique objecterait que le nom du Royaume figure explicitement dans l'article, ce qui justifierait une note plus haute : c'est exact pour la présence du nom, mais non pour un lien causal. Le risque d'une lecture triomphaliste, qui ferait du recul sud-africain une victoire marocaine, est réel, car la baisse est d'abord mensuelle et probablement saisonnière.

Recommandation

Niveau : surveiller. Pour qui : ONMT (direction de la promotion et veille comparative), ministère chargé du Tourisme (direction de la stratégie touristique), RAM (direction commerciale Afrique de l'Ouest), MAEC (direction en charge de l'Afrique subsaharienne), FNT et CGEM pour alerter les opérateurs. Action concrète : 1) intégrer le classement BDO et les données Stats SA à la veille comparative mensuelle du tourisme continental, en la croisant avec les statistiques officielles marocaines de l'ONMT et de l'ONDA avant toute communication ; 2) préparer, avant le déploiement de la campagne sud-africaine, un argumentaire de destination à l'attention des opérateurs et des médias nigérians et ghanéens, fondé sur des preuves (connectivité, offre, sécurité) plutôt que sur des slogans ; 3) ne pas capitaliser publiquement sur le recul de Pretoria : une communication triomphaliste risquerait d'être perçue comme une provocation à l'égard de l'Afrique du Sud ; 4) observer, sans réagir publiquement, la réception de la campagne auprès de l'opinion ouest-africaine. Délai : sous 1 mois, avec un point de situation à la publication suivante de Stats SA. Signaux à surveiller : prochaine publication mensuelle de Stats SA sur les arrivées touristiques, lancement effectif de la campagne à Lagos, Abuja et Port Harcourt, publication intégrale de la méthodologie du rapport BDO, évolution des arrivées ouest-africaines dans les statistiques marocaines.

Sources (1)

Business Day ↗17:03 · 28 oct.

Signaux à surveiller

À venird'ici le 26 janv.1 à 3 mois

Prochaine publication mensuelle de Stats SA sur les arrivées touristiques (données d'octobre 2026)

Permettra de vérifier si la baisse de septembre est saisonnière ou durable, et de tester la lecture d'un recul annuel limité à -1,3 %.

À venird'ici le 26 janv.1 à 3 mois

Lancement effectif de la campagne de séduction de South African Tourism au Nigeria et au Ghana (Lagos, Abuja, Port Harcourt)

Signal de la concurrence de destination sur le segment ouest-africain ; un déploiement massif changerait la donne pour la RAM et les opérateurs marocains.

À venird'ici le 25 nov.1 à 4 semaines

Publication intégrale du rapport BDO sur les destinations touristiques africaines, avec sa méthodologie

Le classement plaçant le Maroc devant l'Afrique du Sud ne repose aujourd'hui que sur une source secondaire ; sa méthodologie déterminera sa valeur comparative.