Voyages : l'excédent touristique atteint 105,4 Md DH en 2025, amortisseur clé du solde des services
Résumé exécutif
Le solde excédentaire des voyages atteint 105,4 milliards de dirhams en 2025, contre 85,1 milliards un an plus tôt, et explique l'essentiel de l'amélioration du solde des services marocains. Ce signal renforce la capacité du Royaume à compenser une partie de son déficit commercial, mais le déficit des transports s'aggrave et le gain reste dépendant de la conjoncture touristique et de la facture énergétique. À surveiller : la tenue des recettes voyages dans les prochains mois et l'évolution des importations de produits pétroliers.
Impact pour le Maroc
Court terme (0 à 3 mois) : La publication n'emporte pas de décision nouvelle, l'effet sur 2025 étant déjà acquis ; l'impact immédiat porte sur la lecture des équilibres extérieurs par les marchés de change et les analystes. L'Office des changes et Bank Al-Maghrib doivent intégrer ce résultat dans leurs projections de réserves et de financement extérieur, tandis que le ministère chargé du Tourisme et l'ONMT peuvent s'en servir pour fixer le cap de la saison 2026-2027. Les opérateurs aériens et les hôteliers marocains en sont les premiers bénéficiaires directs, sans que la publication modifie leurs décisions de court terme. Moyen terme (3 à 12 mois) : Si la dynamique des recettes se confirme, le gain touristique pourrait peser sur le financement du déficit commercial, lequel atteignait 352,3 milliards de dirhams en 2025 selon la publication du 15 octobre. Les effets de propagation sont plus incertains côté transport : le creusement du déficit des services aériens et logistiques pourrait conduire la RAM et l'ONDA à arbitrer entre capacité, tarifs aéroportuaires et investissement, dans la perspective de la hausse de fréquentation attendue avec le Mondial 2030. Long terme (12 à 36 mois) : Le tourisme pourrait consolider sa place de premier pourvoyeur net de devises hors biens, à condition que la croissance des recettes s'accompagne d'une diversification des marchés émetteurs et d'une montée en gamme, qui limiterait l'exposition aux cycles européens. Une recomposition plus profonde de la balance des services pourrait en découler si le transport parvient à réduire son déficit. Parties prenantes marocaines : Office des changes (publication et suivi de la balance des paiements), Bank Al-Maghrib (réserves de change, politique monétaire), ministère de l'Économie et des Finances (prévisions de financement extérieur et budget 2027), ministère chargé du Tourisme et ONMT (stratégie d'accueil et promotion), RAM (transport aérien et déficit des services de transport), ONDA (capacité et tarification aéroportuaire), Fédération nationale du tourisme au sein de la CGEM (relais des opérateurs hôteliers et des agences). Contre-thèse : Une lecture prudente rappelle que le solde des services ne compense qu'une partie du déficit des biens, que les données reposent sur une seule source et que l'écart constaté sur la hausse des dépenses voyages invite à vérifier la méthodologie avant toute communication officielle.
Pourquoi ce score
Score de 72, légèrement sous le repère de 76 issu du scoring, car l'événement est une publication statistique annuelle qui confirme une tendance sans décision ni acte juridique. Le lien avec le Maroc est explicite et exclusif : l'article fourni, relayant le rapport annuel de l'Office des changes, documente un solde voyages de 105,4 milliards de dirhams contre 85,1 milliards, des recettes de 138,6 milliards (+21 %) et des dépenses de 33,2 milliards. Tous ces chiffres ne reposent que sur une seule source journalistique, et le document officiel n'est pas joint. La cohérence arithmétique est bonne sur la plupart des agrégats, mais la hausse des dépenses voyages annoncée à 13,2 % correspond à 12,9 % selon le calcul direct : une imprécision mineure qui justifie une confiance moyenne. Le calibrage tient compte du contexte récent : l'événement reste inférieur à des décisions structurantes comme le terminal de Nador West Med (89) ou les priorités du PLF 2027 (82), et proche du déficit commercial publié le 15 octobre (81), auquel il est directement lié. Il dépasse en revanche les annonces sectorielles ponctuelles de faible portée stratégique. Un sceptique objecterait que la hausse de 21 % des recettes voyages est exceptionnelle et pourrait refléter un effet de base, un changement de méthode ou une modification du périmètre des voyageurs à titre personnel ; le risque d'une lecture triomphaliste est de survendre un indicateur de flux qui ne dit rien de la rentabilité des capacités ni de la répartition régionale de la croissance.
Recommandation
Niveau : surveiller. Pour qui : Office des changes (suivi de la balance des paiements), Bank Al-Maghrib (direction de la politique monétaire et réserves de change), ministère de l'Économie et des Finances (prévisions de financement extérieur), ministère chargé du Tourisme et ONMT (cadrage de la saison et des marchés émetteurs), RAM et ONDA pour le volet transport, Fédération nationale du tourisme au sein de la CGEM. Action concrète : 1) intégrer les chiffres 2025 dans la note de conjoncture extérieure du cabinet, en les rapprochant du déficit commercial de 352,3 milliards de dirhams pour mesurer le taux de couverture réel des échanges ; 2) demander au ministère chargé du Tourisme une ventilation mensuelle des recettes voyages 2026 par marché émetteur, afin de distinguer croissance réelle et effet de base ; 3) ouvrir avec la RAM et l'ONDA un chantier ciblé sur le déficit des services de transport (passé de 14 à 15,5 milliards de dirhams), couvrant capacité aérienne, fret et tarifs aéroportuaires ; 4) éviter toute communication triomphaliste fondée sur un seul indicateur de flux, et privilégier une narration sur le solde global des services et la soutenabilité de la croissance. Délai : sous 1 mois pour la note de conjoncture et la demande de données désagrégées ; immédiat pour le cadrage de la communication publique. Signaux à surveiller : publication mensuelle des recettes voyages, arrivées touristiques mensuelles, évolution du déficit des transports sur les trimestres suivants, facture des importations de produits pétroliers, avoirs officiels de réserve publiés par Bank Al-Maghrib.