Déficit commercial marocain : 352,3 Md DH en 2025, en hausse de 15,5 %, le taux de couverture recule à 57,2 %
Résumé exécutif
Le déficit commercial marocain atteint 352,3 milliards de dirhams en 2025, en hausse de 15,5 %, sous l'effet d'importations qui progressent deux fois plus vite que les exportations. Le taux de couverture recule à 57,2 % et le déficit représente désormais 22,7 % du PIB, ce qui accroît la sensibilité du dirham et des réserves de change. À surveiller : la trajectoire des importations d'équipement et la réaction de Bank Al-Maghrib.
Impact pour le Maroc
Court terme (0 à 3 mois) : L'effet immédiat concerne la lecture des équilibres extérieurs par les marchés et les agences de notation. Le Trésor et Bank Al-Maghrib seront attentifs à la pression sur le dirham et aux réserves de change, et les importateurs de biens d'équipement verront leurs coûts de financement en devises rester sensibles. Moyen terme (3 à 12 mois) : Si la hausse des importations se confirme sans rebond des exportations, le financement du déficit par les investissements directs étrangers et l'endettement extérieur deviendra plus contraignant. Les décisions de politique commerciale, notamment sur les droits de douane et les mesures de protection, pourraient être réexaminées par le ministère de l'Industrie et du Commerce. Long terme (12 à 36 mois) : Si le déficit d'équipement traduit une accumulation de capacités productives, le ratio importations-PIB pourrait se stabiliser grâce à une substitution future. À défaut, la trajectoire structurelle reste fragile. Parties prenantes marocaines : Office des changes (publication et suivi des équilibres extérieurs), Bank Al-Maghrib (politique monétaire et réserves de change), ministère de l'Économie et des Finances (financement et arbitrages budgétaires), ministère de l'Industrie et du Commerce (politique commerciale), OCP et ONEE (postes énergétiques et d'intrants), CGEM (exportateurs et importateurs). Contre-thèse : Le déficit d'équipement est largement lié à l'investissement productif, ce qui pourrait atténuer la lecture négative de la balance commerciale à moyen terme.
Pourquoi ce score
Score de 81 : l'événement a un lien fort avec le Maroc, puisqu'il porte sur les équilibres extérieurs nationaux publiés officiellement, avec des chiffres chiffrés et une aggravation nette. Il n'atteint pas 86 car il s'agit d'un rapport statistique annuel sans décision à effet juridique immédiat, et la tendance (déficit en hausse) est déjà connue. Il reste toutefois au-dessus de 70 car la hausse de 2,8 points du déficit rapporté au PIB touche directement la trajectoire macroéconomique. L'article ne repose que sur une seule source (Assahifa), ce qui impose de la prudence sur la formulation. Un sceptique objecterait que l'accroissement des importations de biens d'équipement traduit un investissement productif favorable à la croissance future, et que le déficit conjoncturel n'est pas un signal de fragilité. Le risque d'une lecture alarmiste est de confondre déficit structurel de financement et crise de balance des paiements, qui n'est pas documentée ici.
Recommandation
Niveau : prioritaire. Pour qui : Bank Al-Maghrib (direction de la stabilité financière), ministère de l'Économie et des Finances (direction du Trésor), ministère de l'Industrie et du Commerce, CGEM, OCP. Action concrète : produire une note de suivi sur la décomposition du déficit (équipement, énergie, alimentaire) et sur la couverture de financement extérieur ; recouper les chiffres de l'Office des changes avec les statistiques de l'Office des changes et du HCP avant toute communication publique. Délai : sous 1 semaine. Signaux à surveiller : publication mensuelle des données de change, évolution des réserves de change, cours du dirham, flux d'IDE trimestriels, évolution du déficit énergétique.