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Déficit commercial record de 352,3 Md DH en 2025 : la balance extérieure du Maroc sous pression structurelle

09:00 · 15 oct.MarocMarchés & FinanceCommerce extérieur

Résumé exécutif

Le déficit commercial marocain atteint 352,3 Md DH en 2025 (+15,5 %), avec un taux de couverture tombé à 57,2 % et un déficit équivalant à 22,7 % du PIB. Cette dégradation, aggravée par la hausse des importations énergétiques et de biens d'équipement, renforce la pression sur le compte courant et sur les réserves de change. Le suivi prioritaire porte sur la trajectoire du compte courant, sur le coût de la compensation énergétique et sur la capacité des exportations à absorber l'effet prix.

Impact pour le Maroc

Court terme (0 à 3 mois) : Le chiffre de 352,3 Md DH et le taux de couverture de 57,2 % nourriront les débats parlementaires sur le budget 2027 et la compensation des prix. Bank Al-Maghrib devra intégrer ces données dans ses prévisions de compte courant, avec un déficit projeté à -4,9 % du PIB en 2026 selon le FMI, et surveiller la pression sur les réserves de change. L'OCP et l'ONEE, gros importateurs d'intrants et d'énergie, seront exposés aux variations de coûts. Moyen terme (3 à 12 mois) : Si la hausse des importations de biens d'équipement se maintient, l'effet attendu est une amélioration du potentiel productif, à condition que l'AMDIE et la CGEM orientent les investissements vers l'exportation. Un maintien du déficit énergétique pousserait le MEF à arbitrer entre subvention des carburants et discipline budgétaire, avec un risque pour la trajectoire de dette. Les exportateurs de l'automobile et de l'aéronautique, portés par les IDE, pourraient compenser partiellement. Long terme (12 à 36 mois) : La diversification vers l'Asie et l'Afrique (Afrique du Sud, Tunisie, Égypte) pourrait se consolider si les accords commerciaux sont renforcés. La dépendance à l'Europe, qui reste majoritaire, demeure la principale vulnérabilité structurelle, notamment vis-à-vis de l'Espagne (27,5 % des échanges européens). Parties prenantes marocaines : Office des changes (publication des statistiques), Bank Al-Maghrib (politique de change et réserves), MEF (arbitrage budgétaire et compensation), OCP (intrants et exportations de phosphates), ONEE et MASEN (dépendance énergétique), AMDIE (attraction d'IDE exportateurs), CGEM (secteurs exportateurs), Office national de sécurité sanitaire et Office national interprofessionnel des céréales (approvisionnement alimentaire). Contre-thèse : un rebond rapide des exportations automobiles et aéronautiques, ou une baisse des cours du pétrole, réduirait mécaniquement la pression sur le déficit.

Pourquoi ce score

Score de 76 : le lien est fort, car la balance commerciale et la balance des paiements constituent des variables directes de la souveraineté économique marocaine, et le chiffre publié par l'Office des changes est officiel et chiffré. L'événement est toutefois une publication statistique annuelle, sans décision publique ni choc exogène nouveau, ce qui le place sous le seuil de 85. Il se situe au-dessus des signaux macroéconomiques de portée sectorielle du contexte récent (score 72 pour le budget 2027), car il touche l'ensemble du commerce extérieur et le financement du pays. La tendance est en partie connue : la nouveauté porte sur l'ampleur de la dégradation (+15,5 %) plus que sur sa direction. Plusieurs articles reprennent les mêmes chiffres (Medi1 News, Aabbir, Sous Plus, Tel Quel Arabe), ce qui ne constitue pas une confirmation indépendante. Un sceptique objecterait que le déficit est en partie un effet prix lié à l'énergie et aux biens d'équipement, donc à un investissement productif, et que la lecture alarmiste ignore la progression des exportations vers l'Afrique et l'Asie. Le risque d'une lecture alarmiste serait de confondre dépendance conjoncturelle et fragilité structurelle, alors que le compte courant et la couverture restent à évaluer sur plusieurs années.

Recommandation

Niveau : analyser. Pour qui : Bank Al-Maghrib (direction de la politique monétaire et des changes), MEF (direction du Trésor), Office des changes, OCP, AMDIE, CGEM (commission export). Action concrète : produire une note de cabinet sur la trajectoire du compte courant 2026-2027, en croisant les données de l'Office des changes avec les prévisions du FMI (-4,9 % du PIB en 2026) ; évaluer l'effet des prix énergétiques sur le déficit énergétique ; identifier les secteurs exportateurs capables de compenser la hausse des importations de biens d'équipement ; mettre à jour la cartographie des partenaires (Asie en hausse, Europe majoritaire). Délai : sous 1 semaine pour la note, sous 1 mois pour le plan d'action export. Signaux à surveiller : publication mensuelle des réserves de change par Bank Al-Maghrib, cours du Brent (116,8 dollars le baril en septembre selon les articles), évolution du déficit énergétique le mois prochain, décisions budgétaires sur la compensation des carburants, données d'exportation automobile et aéronautique.

Sources (10)

al3omk.com ↗09:00 · 15 oct.
Hespress ↗10:08 · 15 oct.
Aabbir ↗21:30 · 15 oct.
Medi1 News ↗23:29 · 15 oct.
Hespress ↗05:30 · 16 oct.
Hespress ↗07:00 · 16 oct.