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Huit barrages moyens en appel d'offres : la sécurité hydrique entre en phase de passation

11:58 · 3 nov.MarocÉnergie, Eau & RessourcesBTP et génie civil

Résumé exécutif

Le ministère de l'Équipement et de l'Eau a lancé des appels d'offres pour huit barrages moyens (environ 235 MDH cumulés selon les montants cités) et prévoit des surélévations, en cohérence avec une trajectoire de capacité de stockage supérieure à 24 milliards de mètres cubes à fin 2027. Pour le Maroc, le signal est structurel mais graduel : il renforce la sécurité hydrique et alimente le carnet de commandes régional du BTP, sans effet macroéconomique immédiat. La séquence devra être évaluée à l'aune des attributions de marchés, des lignes budgétaires du PLF 2027 et des délais de chantier, plutôt qu'à celle de l'annonce.

Impact pour le Maroc

Court terme (0 à 3 mois) : Les appels d'offres lancés par la Direction des aménagements hydrauliques entrent dans la phase de réception des offres et d'attribution. Pour les entreprises de BTP et de génie civil, l'enjeu immédiat est de se positionner sur des lots de taille moyenne (17 à 55 MDH par ouvrage), accessibles à des PME régionales et à des groupes intermédiaires. Les bureaux d'études spécialisés recevront les consultations géophysiques relatives à Azzaba, Sidi Bouidel, Ahl Souss et Bab Louta. Aucun impact budgétaire notable n'est à attendre à ce stade. Moyen terme (3 à 12 mois) : Le passage des offres à l'attribution déterminera le calendrier réel des chantiers et donc la crédibilité de la trajectoire de 24 milliards de mètres cubes affichée dans le projet de loi de finances 2027. Un décalage de six à douze mois serait plausible, compte tenu des délais des marchés publics, des études géotechniques et des questions foncières ; il s'agit d'une hypothèse d'interprétation. Le vote du PLF 2027 sera le premier indicateur de l'engagement réel de l'État. Long terme (12 à 36 mois) : Le lancement du nouveau grand barrage et la surélévation d'un second, prévus en 2027, recomposeraient l'offre hydraulique nationale face à une variabilité pluviométrique que les épisodes récents rappellent sans la résoudre. Parties prenantes marocaines : ministère de l'Équipement et de l'Eau, piloté par Nizar Baraka (maître d'ouvrage et porteur politique) ; Direction des aménagements hydrauliques et Direction générale de l'hydraulique (passation et suivi des marchés) ; agences de bassin hydraulique (suivi des ressources) ; ministère de l'Économie et des Finances (inscription budgétaire du PLF 2027) ; ONEE (eau potable et valorisation de la ressource) ; ministère de l'Agriculture (demande d'irrigation) ; CGEM et Fédération nationale du BTP (accès des entreprises marocaines aux lots) ; autorités provinciales d'Errachidia, d'Azilal, d'El Jadida, de Marrakech, de Safi, de Guelmim, de Jerada et de Taza (foncier et acceptabilité locale). Contre-thèse : l'impact resterait marginal si les montants cités n'étaient que des plafonds indicatifs, si les marchés étaient déclarés infructueux ou si le financement effectif faisait défaut ; l'effet hydrique serait lui aussi limité si les apports pluviométriques ne remplissaient pas les retenues.

Pourquoi ce score

Score de 63, en deçà du 71 proposé par la grille de scoring et très loin des 82 attribués à la mise en service du terminal de Nador West Med. La proximité avec le Maroc est totale : un ministère marocain lance les appels d'offres, sur des ouvrages répartis dans une dizaine de provinces, ce qui n'est pas discutable. C'est l'échelle de l'objet qui limite la note. Les montants cités (de 17 à 55 MDH par barrage, soit environ 235 MDH cumulés pour les huit ouvrages, chiffre que je déduis de l'article et qui reste un minimum puisque les montants sont présentés comme « plus de ») sont modestes, et l'étape franchie est celle de l'appel d'offres, sans attribution ni calendrier de travaux documenté. Le facteur urgence, coté 15 sur 15, me paraît surévalué : l'annonce est récente, mais elle ne produit aucun effet immédiat. Le scoring retient aussi une nouveauté de 4 sur 10 ; je la juge correcte, car le programme est connu. L'article repose sur une source unique (TelQuel), qui s'appuie sur des documents consultés et non sur un communiqué officiel : cela impose une prudence sur les montants et le calendrier, d'où une confiance moyenne. Le contexte récent confirme la logique : le même projet de loi de finances 2027 sous-tend la hausse de l'IS des distributeurs d'hydrocarbures (score 72), tandis que les épisodes pluviométriques (scores 22 et 38) n'ont pas de portée stratégique. Un sceptique objecterait qu'il s'agit d'une routine administrative, d'autant que l'extension à 2027 (nouveau grand barrage) reste une intention budgétaire non engagée. Le risque d'une lecture alarmiste serait de voir dans cette séquence une rupture de la politique hydraulique, alors qu'elle en constitue la continuité.

Recommandation

Niveau : surveiller. Pour qui : cabinet de Nizar Baraka au ministère de l'Équipement et de l'Eau, Direction des aménagements hydrauliques, Direction générale de l'hydraulique, agences de bassin hydraulique concernées, ministère de l'Économie et des Finances (direction du budget), CGEM et Fédération nationale du BTP, ONEE pour le volet eau potable. Action concrète : veille de marché et observation plutôt que contre-mesure. Constituer un suivi des avis d'appels d'offres et des attributions pour les huit ouvrages et les surélévations, afin d'identifier les lots accessibles aux entreprises marocaines et de signaler à la CGEM les seuils de qualification exigés. Préparer pour le MEF une note sur le calendrier de mobilisation des crédits inscrits au PLF 2027, en repérant les risques de décalage. Côté communication, privilégier un récit factuel (capacité de stockage, provinces concernées, calendrier) plutôt qu'un discours de rupture, qui exposerait l'État à une comparaison défavorable en cas de retard. Délai : sous 1 mois, avec un point de revue à J+90 après l'ouverture des plis. Signaux à surveiller : date limite de remise des offres et ouverture des plis, attribution des lots (à commencer par Ouled Fatmi, Wargui et Safsafa), adoption du PLF 2027 avec les crédits barrages, premier ordre de service ou démarrage d'un chantier, lancement effectif du nouveau grand barrage prévu pour 2027. Ces signaux permettront de requalifier le score à la hausse si les travaux démarrent dans les délais, ou à la baisse si les marchés sont déclarés infructueux.

Sources (1)

Telquel.ma ↗11:58 · 3 nov.

Signaux à surveiller

À venird'ici le 1 déc.1 à 4 semaines

Date limite de remise des offres et ouverture des plis pour les huit barrages moyens sur le portail des marchés publics

Premier filtre concret : un report ou une déclaration d'infructuosité signalerait des difficultés de financement ou de cahier des charges.

À venird'ici le 1 févr.1 à 3 mois

Attribution des lots (Ouled Fatmi, Wargui, Safsafa en premier) et publication des montants retenus

Permet de vérifier si les montants cités (17 à 55 MDH) sont des coûts d'exécution ou de simples plafonds indicatifs.

À venird'ici le 1 févr.1 à 3 mois

Adoption du projet de loi de finances 2027 et lignes budgétaires dédiées aux barrages et lacs collinaires

Le financement pluriannuel conditionne la trajectoire annoncée de 24 milliards de mètres cubes à fin 2027.

À venird'ici le 1 déc.1 à 4 semaines

Taux de remplissage des grands barrages communiqué par les services de l'hydraulique

Indicateur de contexte : il montrera si la stratégie de stockage répond à une tension hydrique ou à un surplus pluviométrique.