Veille stratégique · Maroc
LIVE --:--:-- · Casablanca
MoyenneLien MoyenNeutre

Législatives israéliennes : un sondage place Eisenkot, d'origine marocaine, devant le Likud, sans majorité en vue

00:00 · 21 oct.IsraëlDiplomatie & GéopolitiqueDiplomatie bilatérale Maroc-Israël

Résumé exécutif

L'élection législative israélienne du 27 octobre 2026 s'ouvre sur un scénario inédit : un ancien chef d'état-major d'origine marocaine, Gadi Eisenkot, devance le Likud dans un sondage de la chaîne 12, sans majorité claire pour aucun bloc. Pour Rabat, l'enjeu n'est pas le candidat mais la continuité de la relation bilatérale héritée de la normalisation de 2020, et la place que les partis arabes pourraient occuper dans la coalition. À surveiller : le résultat du scrutin, la position d'Eisenkot sur les partis arabes et sur le Maroc, et l'écart persistant entre instituts de sondage.

Impact pour le Maroc

Court terme (0 à 3 mois) : Le scrutin du 27 octobre et la négociation de coalition qui suivra occuperont l'agenda israélien pendant plusieurs semaines. Pour le Maroc, l'impact immédiat est surtout symbolique : la presse marocaine, à l'image de cet article, met en avant l'origine marocaine du candidat, ce qui peut nourrir un récit de soft power et de fierté communautaire sans effet diplomatique direct. Le MAEC devrait suivre le scrutin depuis sa représentation à Tel-Aviv sans prendre position publique sur une élection étrangère, tandis que la DGED et la DGST poursuivront les échanges habituels. Moyen terme (3 à 12 mois) : Deux scénarios se dessinent selon l'issue. Un gouvernement Eisenkot, s'il se forme sans les partis arabes comme il le déclare, poserait la question du repositionnement de la relation bilatérale : probablement sans rupture, mais avec une nouvelle équipe à convaincre sur le Sahara et la coopération économique. Un maintien de Netanyahu, avec ou sans soutien arabe, prolongerait le cadre actuel tout en exposant la relation aux arbitrages de la coalition. Dans les deux cas, les partenariats économiques (tourisme, agro-industrie, technologies) resteraient sensibles à la perception de stabilité. Long terme (12 à 36 mois) : Une recomposition durable du champ politique israélien, avec un rôle croissant des partis arabes en cas de blocage, modifierait la carte des alliances régionales et la place qu'Israël occupe dans la stratégie maghrébine de Rabat. Ce dossier relève aujourd'hui davantage de la veille stratégique que de la décision. Parties prenantes marocaines : MAEC (direction chargée du Moyen-Orient et représentation à Tel-Aviv, analyse du scrutin et des positions de campagne) ; DGED et DGST (canaux de coopération sécuritaire et veille sur les continuités de la doctrine israélienne) ; ministère chargé des MRE (relation avec la communauté d'origine marocaine en Israël) ; Conseil des communautés israélites du Maroc (CCIM, relais mémoriel et culturel) ; AMDIE (veille sur les investissements technologiques israéliens potentiels) ; CGEM (partenariats industriels et technologiques avec des entreprises israéliennes). Contre-thèse : L'impact serait quasi nul si les partis en campagne ne tenaient aucun discours sur le Maroc et si la relation bilatérale reposait sur des intérêts stratégiques structurels, indépendants de la majorité au pouvoir.

Pourquoi ce score

Score de 46, et non 54 comme le suggère le repère de la grille : celle-ci accorde la proximité maximale (30/30) au seul fait que le candidat est d'origine marocaine, lien identitaire qui ne vaut pas dépendance d'intérêt. Pour rester dans la fourchette des liens indirects mais stratégiques (31 à 50), le critère décisif est la nature de l'enjeu : une élection israélienne pèse sur la relation Rabat-Jérusalem (normalisation de 2020, coopération sécuritaire), mais l'article ne rapporte ni décision ni prise de position concernant le Maroc. Le calibrage contextuel confirme ce niveau : les événements marocains directs du contexte récent (Sahara, Ceuta, consulat d'Orly) sont notés entre 68 et 78. Le fait central repose sur une source unique, et les sondages divergent fortement : la chaîne 14 donne au Likud 30 sièges et au bloc de droite 62, contre 51 pour le bloc Netanyahu dans le sondage de la chaîne 12. Un écart de cette ampleur interdit toute projection solide. Un sceptique objecterait que la montée d'un ancien chef d'état-major d'origine marocaine constitue un signal de visibilité pour la communauté marocaine en Israël et un actif de soft power ; l'objection est recevable, mais cette lecture reste symbolique tant qu'aucune prise de position sur le Maroc n'est rapportée. Le risque d'une lecture alarmiste serait de surinterpréter un scrutin dont l'issue reste ouverte à six jours de l'échéance.

Recommandation

Niveau : surveiller. Pour qui : MAEC (direction chargée du Moyen-Orient et représentation à Tel-Aviv), DGED et DGST pour le suivi des équilibres de coalition, ministère chargé des MRE pour la communauté d'origine marocaine en Israël, AMDIE pour une veille sur les partenariats technologiques, CGEM pour les entreprises exposées au marché israélien. Action concrète : observation sans prise de position publique sur un scrutin étranger, qui pourrait être lue comme une ingérence. Concrètement, il faut suivre les résultats du scrutin et les premières négociations de coalition ; cartographier les déclarations de campagne de Gadi Eisenkot, Benyamin Netanyahu, Naftali Bennett et Mansour Abbas sur le Maroc, le Sahara et les accords d'Abraham ; produire une note de position à l'attention de la diplomatie marocaine, pour préparer un premier contact avec la future équipe, quelle que soit sa majorité. Un pré-positionnement discret, par les canaux institutionnels et la communauté marocaine en Israël, reste préférable à toute déclaration. Délai : sous 1 semaine, avant le scrutin du 27 octobre, puis réévaluation sous 1 mois à partir des résultats définitifs. Signaux à surveiller : résultats définitifs du 27 octobre et nombre de sièges du bloc majoritaire (0-7 jours) ; réponse d'Eisenkot à l'ouverture de Mansour Abbas sur une négociation (1-4 semaines) ; convergence ou divergence des sondages des chaînes 12 et 14 (1-4 semaines) ; mention du Maroc ou du Sahara dans les programmes de coalition (1-3 mois).