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Programme Mansouri : le Sahara en tête des priorités, avec un cap budgétaire progressif

16:20 · 19 oct.MarocDiplomatie & GéopolitiqueSécurité hydrique

Résumé exécutif

Le programme gouvernemental présenté le 19 octobre 2026 devant les deux chambres place le Sahara marocain en tête des priorités nationales et réaffirme l'initiative d'autonomie sous souveraineté marocaine, en s'appuyant sur la résolution 2797 comme point d'appui. Le signal est celui d'une continuité de la ligne extérieure du Royaume, mais sa portée réelle dépend de la traduction budgétaire : le texte renvoie à une exécution progressive compatible avec la soutenabilité des finances publiques. L'échéance décisive est la loi de finances 2027, qui dira si les priorités en matière d'eau, d'énergie, d'alimentation, d'industrie et d'économie numérique disposent des moyens annoncés.

Impact pour le Maroc

Court terme (0 à 3 mois) : Le discours fixe le cadre de l'argumentaire diplomatique. Le MAEC et les ambassades, notamment celles exposées au contentieux européen, devront intégrer les formules sur l'initiative d'autonomie et la résolution 2797 dans leurs notes et prises de parole. Pour le MEF et la Direction du budget, la priorité est la traduction de ces orientations (eau, énergie, alimentation, industrie, économie numérique) dans le projet de loi de finances 2027, dont les arbitrages seront le premier test concret. Sur le plan social, le constat d'un investissement qui se transforme trop peu en emplois place l'emploi au centre de l'exécutif, avec des attentes fortes des partis et des organisations syndicales. Moyen terme (3 à 12 mois) : Le passage du programme aux plans sectoriels (régionalisation avancée, appels à projets dans les provinces du Sud, feuille de route IA) constituera le véritable test de crédibilité. Sur le front extérieur, la priorité donnée au Sahara pourrait se traduire par une intensification de la diplomatie onusienne et de la mobilisation des soutiens africains, ainsi que par une attention accrue des capitales européennes déjà confrontées aux contentieux nés du dossier. Le gradualisme budgétaire implique que les effets sur l'investissement dans le Sud resteront progressifs et dépendants des arbitrages annuels. Long terme (12 à 36 mois) : Si le programme est tenu, les provinces du Sud pourraient consolider leur rôle de plateforme logistique et énergétique vers l'Afrique de l'Ouest et l'espace atlantique, avec une recomposition progressive des flux d'investissement vers les régions périphériques. La cohérence entre le modèle de développement, la vision Maroc 2035 et la réforme de l'administration déterminera la crédibilité de l'exécutif auprès des bailleurs et des investisseurs ; un échec d'exécution nourrirait le scepticisme sur la capacité de l'État à transformer ses promesses en résultats. Parties prenantes marocaines : Le Chef du gouvernement Fatima Zahra Mansouri et le Secrétariat général du gouvernement pilotent la traduction du programme ; le MAEC conduit la diplomatie saharienne et palestinienne ; le MEF (ministre en charge des finances publiques) assure l'arbitrage budgétaire ; Bank Al-Maghrib veille à la stabilité macro-financière ; l'AMDIE et la CGEM portent l'investissement dans les provinces du Sud et l'industrie ; le ministère chargé de l'IA et du numérique porte l'économie numérique ; le CORCAS assure le relais sur les questions sahariennes ; l'ONEE, MASEN et l'OCP portent la sécurité hydrique, énergétique et alimentaire ; le Parlement, majorité et opposition, assure le contrôle de l'exécution. Contre-thèse : Le discours pourrait n'avoir qu'un effet de communication si les arbitrages budgétaires restent contraints et si les partenaires européens, pris dans leurs propres calendriers électoraux, ne suivent pas ce registre ; un programme dont l'exécution est renvoyée au « réalisme » peut rester déclaratif pendant plusieurs années.

Pourquoi ce score

Score de 72, et non 75 comme le suggère le scoring brut : la présentation d'un programme gouvernemental devant les deux chambres est un événement majeur pour la politique intérieure et la diplomatie marocaines, mais son contenu reste, à ce stade, déclaratif. Les cinq articles fournis (al3omk, Al Sabah, Ammon, Le Site Info Arabe, Al Ahdath Al Maghribia) concordent sur la teneur du discours : Sahara en tête des priorités, autonomie sous souveraineté marocaine, résolution 2797 présentée comme étape charnière, position sur la Palestine et le Comité Al-Qods, priorités de développement. Cette convergence établit le fait, mais les cinq sources rapportent un même discours et ne corroborent pas indépendamment ses effets. Pourquoi pas 80 : aucun texte de loi, aucune mesure chiffrée et aucun engagement financier n'est mentionné, et la mise en œuvre est renvoyée à une exécution « progressive ». Pourquoi pas 60 : la séquence (investiture récente, préparation de la loi de finances 2027, résolution 2797, contentieux européens sur le Sahara) donne au discours un poids de signal que les annonces sectorielles notées 60 n'ont pas. Calibrage : l'événement est inférieur à l'investiture du gouvernement Mansouri (91), qui a fixé la feuille de route budgétaire, comparable à la mise en place de l'exécutif (82), et supérieur aux annonces sectorielles notées 60 à 70. Un sceptique objecterait que l'événement est une répétition : les formules sur le Sahara et la Palestine semblent reprendre le registre habituel des programmes marocains, et la résolution 2797 date du 31 octobre 2025. Il aurait raison sur la surprise, mais l'enjeu réside dans la confirmation institutionnelle d'un nouvel exécutif, non dans l'annonce. Le risque d'une lecture alarmiste serait inverse : surinterpréter le passage palestinien comme un infléchissement, alors qu'il reprend une position constante.

Recommandation

Niveau : analyser. Pour qui : Cabinet du Chef du gouvernement, MAEC (directions des Nations unies, des Amériques et de l'Europe, et ambassades exposées au contentieux européen), MEF et Direction du budget, Bank Al-Maghrib, CGEM, AMDIE, CORCAS. Action concrète : 1) produire une note de cohérence entre le programme gouvernemental et les priorités du projet de loi de finances 2027, en distinguant les engagements chiffrés des engagements déclaratifs (observation, note) ; 2) préparer des éléments de langage factuels sur le Sahara et la Palestine, fondés sur la résolution 2797 et sur les formulations du programme, à l'attention des ambassades confrontées à des contentieux locaux (communication, diplomatie) ; 3) cartographier les engagements sectoriels sur l'eau, l'énergie, l'IA et les provinces du Sud pour transformer les priorités en appels à projets (marché) ; 4) maintenir une lecture de continuité sur le volet palestinien, sans la survendre ni l'interpréter comme un infléchissement. Délai : sous 1 semaine pour la note de cohérence et les éléments de langage ; sous 1 mois pour la cartographie sectorielle. Signaux à surveiller : dépôt et contenu du projet de loi de finances 2027 (arbitrages sur les provinces du Sud, l'eau et l'énergie) ; premier décret ou plan sectoriel issu du programme ; réaction algérienne et européenne au passage sur le Sahara ; calendrier onusien sur le dossier saharien ; débat parlementaire sur le volet emploi et la transformation des investissements.