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Pétrole marocain : les États-Unis détrônent la Russie, et le fioul compense le recul du gaz espagnol

09:00 · 1 nov.MarocÉnergie, Eau & RessourcesÉnergie électrique

Résumé exécutif

Les États-Unis deviennent le premier fournisseur maritime de produits pétroliers du Maroc sur janvier-septembre 2026, avec 61 000 barils par jour contre 25 000 un an plus tôt, devant une Russie elle-même en hausse, alors que les importations totales progressent de 9 %. Le moteur de cette hausse relève de la sécurité d'approvisionnement plus que du commerce : le fioul et le gazole alimentent la production électrique pour compenser le recul du gaz espagnol, affecté par la crise iranienne. Le signal est à double tranchant, car il renforce la place américaine dans l'énergie marocaine mais alourdit la facture énergétique dans un contexte de Brent au-delà de 115 dollars. Le dossier doit être confirmé par des sources officielles avant toute décision structurante.

Impact pour le Maroc

Court terme (0 à 3 mois) : Le premier effet est budgétaire et de trésorerie. La substitution du gaz espagnol par du fioul et du gazole alourdit le coût de la production électrique et la facture payée en devises, dans un contexte où le déficit commercial progresse déjà de 25,4 % à fin septembre. L'ONEE doit arbitrer en temps réel entre les approvisionnements disponibles, tandis que les distributeurs de carburants absorbent la volatilité du Brent. Il est probable que la direction des hydrocarbures du ministère chargé de l'Énergie et la Direction du Trésor suivent ces volumes de près avant la prochaine clôture des comptes extérieurs. Moyen terme (3 à 12 mois) : Si la baisse des livraisons espagnoles persiste, le recours aux produits pétroliers pour la production électrique deviendra une composante structurelle du mix, ce qui appelle des décisions probables sur les stocks stratégiques, la diversification contractuelle (États-Unis, Turquie, Pays-Bas, Russie) et l'accélération des capacités renouvelables portées par MASEN et les opérateurs de l'énergie. Les contrats américains de fourniture pourraient devenir un instrument de négociation dans la relation bilatérale, notamment en matière de coopération de défense ou d'investissement. Les flux russes en hausse exigent en revanche une lecture politique fine, puisque Moscou a exercé un veto sur le dossier saharien ; le scénario le plus probable reste une prudence commerciale sans rupture. Long terme (12 à 36 mois) : Une recomposition structurelle se dessine si la sécurité gazière ne se rétablit pas : le gaz, présenté comme carburant de transition, pourrait être remplacé par des liquides importés plus coûteux et plus carbonés. Cela accélère l'arbitrage entre terminaux GNL, interconnexions et électrification renouvelable. Le Maroc, qui s'affirme comme hub logistique avec Tanger Med et Nador West Med, récemment mis en service selon le contexte récent, pourrait tirer parti de ces flux à condition que ses capacités de stockage et de transbordement soient dimensionnées pour les accueillir. Parties prenantes marocaines : ministère chargé de l'Énergie (pilotage de la politique d'approvisionnement et des hydrocarbures), ONEE (arbitrage du mix de production électrique), ONHYM (données et stocks d'hydrocarbures), MEF et Direction du Trésor (facture énergétique, fiscalité des distributeurs), Bank Al-Maghrib (incidence sur la balance des paiements), MAEC (dimension diplomatique des fournisseurs américain et russe), ANP et Tanger Med (capacité portuaire et flux maritimes), MASEN et NARSA (substitution par les énergies renouvelables et régulation du secteur pétrolier), CGEM (compétitivité industrielle face au coût de l'énergie). Contre-thèse : Les données de suivi maritime peuvent surestimer les entrées effectives si une partie des cargaisons est transbordée ou réexportée. Une baisse de la demande électrique ou une reprise rapide des livraisons gazières espagnoles réduirait la substitution et son coût, ramenant le dossier à un simple réajustement conjoncturel.

Pourquoi ce score

Score de 68, légèrement en deçà du 70 proposé par la grille et nettement sous les événements notés 80 à 86 du contexte récent (Marsa Maroc, Nador West Med). Le lien est clair et non marginal : la sécurité d'approvisionnement électrique du Maroc est en jeu, et la substitution gaz-fioul est un fait structurant. La grille est juste sur la proximité (30/30) et l'urgence (15/15), mais la source unique et la nature du fait justifient une retenue. L'article ne repose que sur La Razón, qui cite des données privées de suivi maritime (Kpler, Vortexa, LSEG) sans confirmation officielle marocaine ni rapport public. Les chiffres sont internes cohérents : les cinq principaux fournisseurs totalisent environ 69 % des 271 000 barils, conformément à l'article. Une formulation est toutefois ambiguë (le passage sur les fournisseurs du Royaume-Uni), ce qui réduit la confiance. Les attributions par pays d'origine ou de chargement peuvent aussi masquer des schémas de négoce. Un sceptique objecterait que le pic de mars (349 000 barils) et le repli de septembre (253 000 barils) révèlent une volatilité mensuelle qui fait de la hausse annuelle un phénomène conjoncturel plutôt que structurel, et que la substitution pourrait être ponctuelle. Le risque d'une lecture alarmiste serait de traiter cette donnée comme une rupture, alors qu'il s'agit d'un réajustement de flux sans effet démontré sur les capacités de l'État.

Recommandation

Niveau : analyser. Pour qui : ministère chargé de l'Énergie (direction des hydrocarbures), ONEE (direction de la production, pour le mix électrique), ONHYM (données et stocks d'hydrocarbures), Direction du Trésor et MEF (facture énergétique et fiscalité des distributeurs), Bank Al-Maghrib (balance des paiements), MAEC (directions compétentes pour les États-Unis et la Russie). Action concrète : 1) faire confirmer les volumes par les statistiques de l'Administration des douanes (ADII) plutôt que par le seul suivi privé de Kpler, Vortexa et LSEG ; 2) évaluer le coût de la substitution gaz-fioul pour la production électrique sur les trois derniers trimestres et son effet sur la facture énergétique ; 3) examiner les options de sécurisation : stocks stratégiques, contrats de long terme avec des fournisseurs américains, accélération des capacités renouvelables portées par MASEN et NARSA ; 4) traiter la hausse des volumes russes avec prudence : pas de réaction publique, mais préparation d'une réponse si Moscou tente d'exploiter ce lien commercial dans le dossier saharien ; 5) observation hebdomadaire des flux maritimes et du Brent, pour détecter une persistance ou un retour à la normale. Délai : sous 1 semaine pour la vérification des données et le premier point de situation ; sous 1 mois pour l'évaluation du coût et des options de sécurisation. Signaux à surveiller : publication des importations d'octobre 2026, reprise ou non des livraisons de gaz espagnol, évolution du Brent et des prix à la pompe, part russe dans les volumes maritimes au regard des décisions du Conseil de sécurité sur le Sahara.

Sources (1)

La Razón ↗09:00 · 1 nov.

Signaux à surveiller

À venird'ici le 29 nov.1 à 4 semaines

Publication des importations maritimes de produits pétroliers pour octobre 2026 (Kpler, Vortexa, données douanières)

Confirme ou infirme la persistance de la substitution gaz-fioul et la place de premier fournisseur américain.

À venird'ici le 30 janv.1 à 3 mois

Reprise ou non des livraisons de gaz naturel en provenance d'Espagne

Détermine la durée du recours au fioul et au gazole pour la production électrique nationale.

À venird'ici le 8 nov.sous 7 jours

Cours du Brent et prix de référence des carburants au Maroc

Fixe le coût de la substitution et la pression sur la facture énergétique et les marges des distributeurs.

À venird'ici le 30 janv.1 à 3 mois

Part des volumes russes dans les importations maritimes, rapprochée des décisions du Conseil de sécurité sur le Sahara

Permet de distinguer une diversification commerciale d'un rapprochement politique.