Position extérieure dégradée à 791,8 MMDH et dette marchande en recomposition : signaux de fragilité financière à suivre
Résumé exécutif
La position extérieure nette du Maroc s'est dégradée à 791,8 MMDH fin 2025, avec une dette marchande qui se reporte vers les certificats de dépôt au détriment des émissions obligataires. Le marché monétaire reste liquide et équilibré, mais la composition croissante du financement de court terme fragilise progressivement la marge de manœuvre des banques et du Trésor. À suivre : la composition des levées de capitaux et l'évolution des investissements de portefeuille.
Impact pour le Maroc
Court terme (0 à 3 mois) : La liquidité bancaire reste abondante (interventions de Bank Al-Maghrib stables à 95,4 MMDH, taux MONIA à 2,18 %), mais le basculement vers les certificats de dépôt pourrait renchérir le coût de la ressource pour les banques de la place, dont Attijariwafa bank, BCP et Bank of Africa. Les services de la Direction du Trésor et des Finances extérieures au sein du MEF surveilleront la tenue du financement de l'État. Moyen terme (3 à 12 mois) : Si la dette marchande de court terme continue de progresser, le risque de refinancement augmentera et pourrait peser sur la notation souveraine et la capacité d'émission obligataire des entreprises, notamment via la Bourse de Casablanca. Une dépendance accrue aux investissements de portefeuille élève la sensibilité aux taux américains et aux flux de capitaux volatils. Long terme (12 à 36 mois) : Une position extérieure nette débitrice persistante, si elle n'est pas compensée par des exportations diversifiées (phosphates, automobile, aéronautique), pourrait contraindre la politique de change et la marge de manœuvre de Bank Al-Maghrib. Parties prenantes marocaines : Bank Al-Maghrib (politique monétaire et réserves de change), Office des Changes (balance des paiements), AMMC (régulation des levées de capitaux), MEF et Direction du Trésor (placements et dette), Attijariwafa bank, BCP et Bank of Africa (financement bancaire), OCP (exportations de phosphates), CGEM (climat d'investissement), Bourse de Casablanca (marché de la dette privée). Contre-thèse : Une amélioration de 67,4 MMDH des avoirs de réserve et la hausse des investissements directs productifs pourraient rapidement inverser la tendance et limiter l'impact sur le risque de refinancement.
Pourquoi ce score
Score de 58 : lien clair mais non critique. La position extérieure nette débitrice, la recomposition vers les TCN et le recul obligataire touchent directement le secteur bancaire et la stabilité financière, ce qui justifie le seuil « lien clair ». En revanche, il s'agit de statistiques périodiques (Office des Changes, AMMC, bulletin AGR) qui ne documentent aucune rupture, ni horizon d'effet identifiable ; l'urgence est donc faible. Les articles 1, 2 et 4 concordent sur les données de l'Office des Changes et de l'AMMC, ce qui renforce leur fiabilité, mais l'article 3 repose sur une source unique (AGR). Calibrage : l'événement est inférieur aux décisions de politique sectorielle du contexte récent (score 72 sur le budget 2027). Un sceptique objecterait que la dégradation de 81 MMDH reste modeste au regard du PIB et qu'elle s'explique en partie par des investissements étrangers productifs ; l'amélioration des réserves atténue la lecture alarmiste, et le risque d'une surinterprétation est réel.
Recommandation
Niveau : surveiller. Pour qui : Bank Al-Maghrib (direction de la stabilité financière), MEF (Direction du Trésor), AMMC, Attijariwafa bank, BCP et Bank of Africa (directions trésorerie et ALM). Action concrète : observation trimestrielle de la composition des levées de capitaux et de la position extérieure, avec une note de synthèse comparant les TCN aux émissions obligataires, et un suivi du coût de la ressource bancaire. Délai : sous 1 mois. Signaux à surveiller : publication de la balance des paiements T3-2026 par l'Office des Changes ; bulletin mensuel de l'AMMC sur les levées de fonds à fin septembre ; évolution du taux MONIA et des interventions de Bank Al-Maghrib ; encours des certificats de dépôt ; flux d'investissements de portefeuille.