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FMI : le Maroc parmi les économies résilientes, mais un redressement conditionné à la fin du conflit régional

07:57 · 22 oct.—Marchés & FinanceTourisme et hôtellerie

Résumé exécutif

Le rapport régional du FMI place le Maroc parmi les économies importatrices de pétrole qui résistent au choc du conflit régional, avec une amélioration des positions extérieures attendue à moyen terme. Cette résilience, relative et non chiffrée pour le Royaume, repose sur un tourisme et des transferts stables, mais elle dépend d'un scénario de base, l'apaisement du conflit début 2027, qui n'est pas acquis. Pour Rabat, le signal est exploitable en cadrage budgétaire et diplomatique, pas encore en décision immédiate.

Impact pour le Maroc

Court terme (0 à 3 mois) : Impact faible et essentiellement cadrant. Le document n'impose aucune décision immédiate, mais il sera mobilisé dans les arbitrages de l'exercice budgétaire 2027 pour calibrer les hypothèses de balance des paiements et de croissance. La Direction du Trésor et le HCP doivent vérifier la cohérence entre la lecture du FMI et leurs propres scénarios, faute de chiffre marocain publié par l'institution. Côté tourisme, la hausse des taux d'occupation hôteliers nourrit l'argumentaire de la profession à l'approche de la saison d'hiver, sans effet direct sur les capacités ou les tarifs. Moyen terme (3 à 12 mois) : La trajectoire de l'amélioration extérieure dépend des prix des hydrocarbures et du calendrier de sortie du conflit. Si les cours restent bas, la facture énergétique allège le déficit courant et laisse à Bank Al-Maghrib une marge pour maintenir sa politique de change et de taux. Si la reprise du Golfe se confirme, une partie des flux touristiques et de capitaux pourrait se réorienter vers ces destinations, réduisant la résilience relative du Royaume. Les dépenses d'infrastructure, citées par le FMI, deviendraient alors le principal levier de soutien à la demande intérieure, à condition que la trajectoire des finances publiques reste compatible avec l'objectif de stabilité budgétaire. Long terme (12 à 36 mois) : Le FMI inscrit la reprise régionale dans la durée, avec une croissance cumulée de 2026 à 2030 qui restera inférieure aux prévisions d'avant-conflit. Pour le Maroc, la question n'est pas tant la croissance elle-même que la capacité à capter les capitaux, les touristes et les transferts dans un Moyen-Orient en reconstruction, où les concurrents du Royaume pourraient retrouver une attractivité accrue. Parties prenantes marocaines : Ministère de l'Économie et des Finances (cadrage macro-budgétaire et gestion de la facture pétrolière), Bank Al-Maghrib (balance des paiements, dirham, politique monétaire), HCP (comptabilité nationale et comparaison avec les données de croissance du premier semestre), Office des changes (suivi des transferts des MRE), Office national marocain du tourisme et fédérations hôtelières (taux d'occupation et flux 2026), CGEM (évaluation des flux d'investissement), Attijariwafa bank et BCP (financement des entreprises et de l'investissement). Contre-thèse : L'impact serait annulé ou fortement réduit si le conflit se prolongeait au-delà de 2027, ou si la dégradation des soldes commerciaux, déjà constatée dans la plupart des importateurs de la région, s'étendait au Royaume au-delà de ce que le FMI anticipe.

Pourquoi ce score

Score de 53, et non de 72 comme le proposait la grille automatique. La grille accordait le maximum de proximité (30/30) parce que le Maroc est cité dans les cinq articles, et le maximum d'impact (20/20) à partir d'agrégats macro-structurels. Or le rapport traite le Royaume comme un cas parmi d'autres : il n'est ni le sujet central ni l'objet d'une décision, et aucune prévision chiffrée de croissance ne lui est attribuée. Le lien est donc réel mais indirect, avec une dimension stratégique (lecture de la résilience marocaine par une institution de référence) qui justifie de rester au-dessus de la zone 31-50. Calibrage : l'événement reste en deçà des annonces sectorielles du contexte récent notées entre 60 et 70, car il s'agit d'une prévision et non d'une action. Les cinq articles reprennent un même rapport du FMI : c'est une source unique démultipliée, non une convergence de sources indépendantes, d'où la prudence sur les faits. Les formulations concernant le Maroc sont qualitatives (« stable », « en hausse », « amélioration à moyen terme ») et ne bénéficient d'aucune échéance précise. Un sceptique objecterait que la lecture marocaine relève d'un satisfecit : le FMI ne dit pas que l'économie marocaine va mieux, mais qu'elle se maintient mieux que d'autres dans un environnement dégradé, et que ses soldes extérieurs devraient s'améliorer après une détérioration probable en 2026. Le risque d'une lecture alarmiste serait inverse : survaloriser un scénario de base dont la réussite dépend d'un conflit régional dont l'issue reste incertaine.

Recommandation

Niveau : analyser. Pour qui : Ministère de l'Économie et des Finances (Direction du Trésor et Direction des études et des prévisions financières), Bank Al-Maghrib (département de la balance des paiements), HCP, Office des changes, CGEM (commission économie et finance) et Office national marocain du tourisme. Action concrète : 1) intégrer les prévisions régionales du FMI dans les scénarios de l'exercice budgétaire 2027, en deux variantes : apaisement du conflit début 2027 (scénario de base du FMI) et prolongation du conflit (choc énergétique et baisse des transferts) ; 2) demander à la Direction du Trésor une mesure de la sensibilité de la facture pétrolière à un maintien des cours au niveau actuel ; 3) obtenir de l'Office des changes et de Bank Al-Maghrib un suivi mensuel des transferts des MRE et des flux touristiques, pour vérifier la stabilité relevée par le FMI ; 4) préparer une note de communication factuelle à destination des interlocuteurs multilatéraux et des agences de notation, qui valorise la résilience sans en faire un argument triomphal, afin de préserver la crédibilité de l'analyse. Délai : sous 1 mois, avec une première lecture comparative sous 1 semaine. Signaux à surveiller : publication des données trimestrielles de croissance et de balance des paiements, évolution du cours du Brent, déclarations d'un cessez-le-feu ou d'un calendrier de sortie du conflit régional, taux d'occupation hôtelier mensuel.