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PLF 2027 : premier test budgétaire du gouvernement El Mansouri, entre croissance de 4,7 % et déficit à 3 %

10:32 · 23 oct.MarocMarchés & FinanceFinances publiques

Résumé exécutif

Le projet de loi de finances 2027, présenté par Fouzi Lekjaa devant le Parlement, constitue le premier test budgétaire du gouvernement El Mansouri : il affiche une croissance estimée à 4,7 % pour l'année en cours, une inflation contenue autour de 0,7 % et un déficit visé à 3 % du PIB, dans un cadrage explicitement conçu pour absorber des chocs géostratégiques. Le signal pour Rabat tient moins aux chiffres qu'à la crédibilité de la trajectoire : l'écart entre ces prévisions et les données observées (inflation de septembre, facture énergétique) et l'arbitrage des dépenses détermineront si le budget est lu comme un instrument de résilience. La vigilance porte sur les amendements parlementaires et sur les lignes de compensation, qui conditionnent la cible de déficit.

Impact pour le Maroc

Court terme (0 à 3 mois) : Le PLF entre dans la phase d'examen parlementaire : présentation devant les deux chambres, travaux des commissions des finances, amendements, puis vote. Le ministère de l'Économie et des Finances, sous l'autorité de Fouzi Lekjaa, est en première ligne pour défendre des hypothèses qui serviront de référence à tout le cycle budgétaire (4,7 % de croissance, 0,7 % d'inflation, 3 % de déficit). Le signal immédiat concerne les marchés de la dette souveraine : les investisseurs scruteront la crédibilité de ces hypothèses, et une révision à la baisse de la croissance serait lue comme un signal de fragilité. Moyen terme (3 à 12 mois) : L'enjeu se déplace vers l'exécution. Le taux de réalisation des dépenses d'investissement, la compensation des prix et le rendement des recettes détermineront si la cible de déficit tient. Un nouveau choc énergétique importé, dans le prolongement des tensions régionales évoquées dans le contexte récent, mettrait sous pression la facture pétrolière et la compensation. Si la réforme de l'impôt sur le revenu évoquée dans les dossiers récents figure dans le texte, son coût budgétaire et son calendrier deviendront un point de cristallisation du débat parlementaire et social. Bank Al-Maghrib devra concilier une inflation affichée à 0,7 % avec une dynamique de prix plus volatile. Long terme (12 à 36 mois) : Si la trajectoire de consolidation tient, le Maroc gagne une marge budgétaire pour financer ses chantiers (eau, énergie, infrastructures, protection sociale) sans alourdir durablement sa dette. La recomposition structurelle se jouera sur la capacité à transformer cette résilience macroéconomique en attractivité pour les investisseurs de long terme, dans un environnement où la concurrence pour les capitaux et les technologies s'intensifie. Parties prenantes marocaines : Ministère de l'Économie et des Finances (Fouzi Lekjaa, Direction du budget, Trésorerie générale du Royaume) : porteur du texte et de ses hypothèses. Fatima Zahra El Mansouri, à la tête du gouvernement : arbitrage politique et cohésion de la majorité. Chambre des représentants et Chambre des conseillers : examen, amendements et vote. Bank Al-Maghrib : cohérence entre inflation, politique monétaire et budget. Haut-Commissariat au Plan : données de croissance et de prévision. CGEM : réaction du patronat aux choix fiscaux et aux investissements publics. Contre-thèse : le scénario pourrait être plus favorable que prévu si la croissance surperforme et si les prix de l'énergie se détendent durablement ; à l'inverse, l'absence de mesures chiffrées dans la présentation rend l'impact réel encore largement indéterminé.

Pourquoi ce score

Score de 82, en retrait du 87 du scoring automatique et sous l'investiture du gouvernement (88) survenue le même jour. Le lien avec le Maroc est direct et institutionnel : le texte est présenté par le ministre de l'Économie et des Finances devant les deux chambres du Parlement et fixe le cadre budgétaire de l'État, ce qui justifie le plancher de lien direct. Pourquoi pas 87 ? Parce que deux éléments tirent le score vers le bas. D'abord, la nouveauté est limitée : les grandes orientations avaient déjà été présentées en Conseil des ministres, comme le rappelle l'article, et les trois cibles macroéconomiques étaient connues ; l'événement est une étape formelle attendue, pas une décision nouvelle. Ensuite, le texte n'est pas encore voté, et les faits reposent sur une source unique (Le Site Info) qui ne donne aucune mesure fiscale, aucun montant d'investissement, aucune ligne de dépense : seuls un cadrage général et trois prévisions sont disponibles. Ce déficit d'information justifie une confiance moyenne et un score prudent. Calibrage : l'événement prolonge le « Budget 2027 » noté 80 dans le contexte récent, et reste en dessous de l'investiture (88), événement politique de rupture. Un sceptique objecterait que la présentation d'un PLF relève d'un rituel annuel dont la portée réelle n'apparaît qu'au moment des arbitrages et du vote, les amendements comptant souvent davantage que l'exposé initial ; il ajouterait que les 4,7 % de croissance sont des prévisions de l'exécutif, et qu'une lecture optimiste surestimerait la solidité du scénario.

Recommandation

Niveau : prioritaire. Pour qui : Ministère de l'Économie et des Finances (Fouzi Lekjaa et Direction du budget), cabinet de Fatima Zahra El Mansouri, Bank Al-Maghrib (politique monétaire et stabilité des prix), Haut-Commissariat au Plan, CGEM (commissions fiscalité et finances), groupes parlementaires présents dans les commissions des finances des deux chambres. Action concrète : 1) produire dès la présentation une note de décryptage du PLF, centrée sur la cohérence des hypothèses (croissance 4,7 %, inflation 0,7 %, déficit 3 %) et leur confrontation à l'IPC de septembre et à la facture énergétique ; 2) cartographier les lignes sectorielles (investissement public, compensation, dépenses sociales et territoriales) pour identifier les secteurs gagnants et perdants avant les arbitrages ; 3) préparer pour la CGEM un argumentaire sur les points fiscaux, à faire valoir au moment des amendements ; 4) suivre les commissions des finances pour détecter les amendements structurants et les signaux de friction entre la majorité et l'exécutif ; 5) pour les acteurs financiers exposés à la dette souveraine, établir un scénario de sensibilité en cas de dérapage du déficit. Délai : immédiat, avec un point de situation à J+7 puis à l'ouverture de l'examen en commission. Signaux à surveiller : publication du texte intégral et des annexes (0-7j) ; calendrier d'examen et premiers amendements (1-4 semaines) ; IPC mensuel face à l'hypothèse d'inflation (1-3 mois) ; évolution de la facture énergétique importée (1-3 mois). Ces indicateurs alimenteront la réévaluation du score à chaque publication.

Sources (1)

Le Site Info ↗10:32 · 23 oct.

Signaux à surveiller

À venird'ici le 30 oct.sous 7 jours

Publication du texte intégral du PLF 2027 et de ses annexes (tableau des ressources et des charges, cadrage fiscal)

Permet de vérifier si les trois cibles macro sont adossées à des mesures chiffrées ; sans cela, le score et la confiance restent prudents.

À venird'ici le 20 nov.1 à 4 semaines

Calendrier d'examen dans les commissions des finances des deux chambres et premiers amendements déposés

Les amendements révèlent les arbitrages réels entre majorité, opposition et exécutif, ainsi que les points de friction (fiscalité, dépenses sociales).

À venird'ici le 21 janv.1 à 3 mois

IPC mensuel publié par le HCP comparé à l'hypothèse d'inflation de 0,7 %

Un écart durable entre l'inflation observée et l'hypothèse fragiliserait la crédibilité du cadrage macroéconomique.

À venird'ici le 21 janv.1 à 3 mois

Évolution de la facture pétrolière et énergétique importée dans les statistiques mensuelles du commerce extérieur

Un renchérissement de l'énergie menacerait directement la cible de déficit et la capacité de compensation de l'État.

Ce fait réalise

Survenuréalisé le 23 oct.sous 7 jours

Premières déclarations programmatiques du ministre sur les priorités budgétaires

Permettent de distinguer continuité et inflexion de la politique budgétaire.

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