Veille stratégique · Maroc
LIVE --:--:-- · Casablanca
MoyenneLien FortOpportunité

Tourisme 2025 : 222 Md DH de consommation intérieure, une reprise tirée par la demande entrante

06:00 · 23 oct.MarocMarchés & FinanceTourisme

Résumé exécutif

La consommation touristique intérieure a dépassé 222 milliards de dirhams en 2025 (+10,3 %) selon la note du HCP sur le compte satellite du tourisme, mais la progression repose surtout sur la demande entrante, dont la part monte à 69,2 %. Le signal est favorable aux dossiers d'investissement hôtelier et aux ambitions d'accueil de grands événements, mais il appelle une vérification immédiate : la série publiée sur le tourisme entrant (137 milliards) ne s'accorde ni avec le total ni avec la part annoncée. Tant que la correction méthodologique n'est pas publiée, le chiffre doit être utilisé avec prudence dans les communications officielles et auprès des investisseurs.

Impact pour le Maroc

Court terme (0 à 3 mois) : L'impact immédiat est d'abord informationnel : la note fixe une référence officielle (plus de 222 milliards de dirhams de consommation intérieure, +10,3 %) qui sera reprise dans les communications publiques, les rapports de conjoncture et les dossiers d'investissement. Le point d'attention est la cohérence des chiffres : la série publiée ne se recoupe pas (137 milliards de dirhams pour le tourisme entrant, alors que la part de 69,2 % appliquée à 222 milliards implique environ 153,6 milliards, et que 137 milliards plus 68,4 milliards ne font pas 222). Une reprise non corrigée dans des notes ministérielles ou des présentations à des investisseurs exposerait le Royaume à une contestation de ses données. Les acteurs directement concernés sont les opérateurs hôteliers et de restauration, les transporteurs de voyageurs et les commerçants des zones touristiques, qui peuvent constater une demande soutenue dès le premier trimestre. Moyen terme (3 à 12 mois) : La croissance de la demande entrante devrait se traduire par des décisions d'investissement hôtelier et de capacité aérienne, ainsi que par des arbitrages sur la fiscalité de la consommation touristique. Il est probable que le ministère de l'Économie et des Finances s'appuie sur ces chiffres pour évaluer le rendement de la TVA sur les services touristiques, et que les banques ajustent leur appétit de financement hôtelier en fonction de la part domestique, dont le recul est un signal de vigilance. Si cette part continue de reculer, la politique de tourisme interne (accès aux hébergements, tarification, offres familiales) deviendrait un levier à activer par les pouvoirs publics. Long terme (12 à 36 mois) : La recomposition structurelle porte sur la dépendance du secteur aux flux étrangers et diasporiques : plus la demande entrante pèse, plus l'économie touristique dépend de la connectivité aérienne, de la stabilité géopolitique des marchés émetteurs et de la santé économique de l'Europe. Une diversification vers la clientèle résidente, les marchés africains et asiatiques, et les événements à forte fréquentation consoliderait la résilience. À cet horizon, le compte satellite devient un outil de pilotage : l'enjeu est moins le niveau de consommation que sa composition. Parties prenantes marocaines : Haut-Commissariat au Plan (producteur de la statistique et seul garant de sa correction), ministère chargé du Tourisme et Office national marocain du tourisme (ONMT) pour la lecture sectorielle et le suivi des arrivées, Bank Al-Maghrib pour l'intégration de la consommation touristique dans la conjoncture, ministère de l'Économie et des Finances pour l'impact fiscal, Royal Air Maroc (RAM) pour la connectivité, banques de financement hôtelier (Attijariwafa bank, BCP, Bank of Africa), CGEM et Fédération nationale du tourisme pour la voix des opérateurs, Marocains résidant à l'étranger (MRE) dont la demande constitue une composante majeure de la clientèle entrante. Contre-thèse : Une correction méthodologique du HCP pourrait réduire le chiffre entrant et modifier la trajectoire annoncée ; une part de la hausse nominale pourrait aussi refléter des prix plus élevés plutôt que des volumes, ce qui atténuerait la portée réelle du signal.

Pourquoi ce score

Score de 62, et non 76 comme le suggère le scoring initial : la correction porte sur deux composantes qui gonflent l'urgence sans la justifier. L'urgence 15/15 traite une consommation déjà réalisée comme une alerte, alors qu'un compte satellite est une mesure rétrospective dont l'effet est constaté, non en déploiement. La nouveauté 4/10 traduit justement une confirmation statistique d'une reprise déjà visible dans les flux. Le lien avec le Maroc est en revanche plein (proximité 30/30) : il s'agit de l'économie nationale et d'un secteur cœur. Le score se situe dans la zone du lien clair, cohérent avec les décisions sectorielles notées 58 à 71 dans le contexte récent (Marrakech-Menara à 58, Volotea à 64, Coupe du monde 2030 à 71), et en dessous des événements à effet financier direct comme le financement BAD de 487 M$ (85). La source est unique, un quotidien relayant une note du HCP, et les chiffres sont internement incohérents : la part de 137 milliards pour le tourisme entrant ne s'accorde ni avec le total de 222 milliards ni avec la part de 69,2 %. Tout indique que 137 milliards correspond au niveau de 2024, ce qui ramènerait la hausse de l'entrant vers 12 %, proche des 12,5 % annoncés : il s'agirait d'une coquille sur le montant plutôt que d'une erreur sur la croissance, hypothèse à vérifier. Un sceptique objecterait que cette donnée officielle structure la politique touristique et mérite davantage. Il aurait raison sur le poids du secteur, pas sur la nature de l'événement : une statistique rétrospective ne déclenche aucune décision, et une lecture alarmiste sur la « dépendance » au tourisme serait excessive face à une croissance de 10 %.

Recommandation

Niveau : surveiller. Pour qui : Haut-Commissariat au Plan (direction de la comptabilité nationale, pour correction méthodologique), ministère chargé du Tourisme et ONMT (suivi des arrivées et de la stratégie touristique), Bank Al-Maghrib (service de la conjoncture), CGEM et Fédération nationale du tourisme (voix des opérateurs hôteliers). Action concrète : 1) demander au HCP une vérification écrite des montants publiés sur la consommation touristique entrante (137 milliards contre environ 153,6 milliards implicites) avant toute reprise dans une note officielle ou une présentation à des investisseurs ; 2) ne citer le chiffre de 222 milliards de dirhams qu'avec son périmètre (touristes non résidents et MRE, dépenses des résidents effectuées au Maroc uniquement) ; 3) intégrer la part domestique (30,8 % contre 32,1 %) dans le tableau de bord touristique comme indicateur de dépendance aux flux entrants ; 4) préparer une note de cadrage pour les dossiers d'investissement hôtelier et d'accueil d'événements, en s'appuyant sur la croissance de la demande entrante tout en signalant les réserves méthodologiques. Délai : sous 1 semaine pour la demande de vérification au HCP ; sous 1 mois pour la note de cadrage et l'intégration au tableau de bord. Signaux à surveiller : publication d'une version corrigée ou détaillée par le HCP, arrivées touristiques mensuelles de l'ONMT pour confirmer la tendance entrante, évolution de la part domestique dans les prochains comptes, et saison estivale des MRE (dispositif Marhaba) comme test de la composante diasporique.

Sources (1)

Signaux à surveiller

À venird'ici le 20 nov.1 à 4 semaines

Publication d'une version corrigée ou détaillée du compte satellite du tourisme 2025 par le HCP (tableaux de la consommation entrante)

Seule une correction confirmera si la série de 137 milliards de dirhams est une coquille ou une donnée réelle ; le doute touche la crédibilité des chiffres repris.

À venird'ici le 21 janv.1 à 3 mois

Arrivées touristiques mensuelles, notamment non-résidents et MRE, publiées par l'ONMT

Permet de vérifier si la progression de la demande entrante, proche de 12 %, se prolonge sur la fin d'année.

À venird'ici le 23 oct.3 à 12 mois

Part de la consommation intérieure des résidents dans le total touristique, dans les prochains comptes

Un recul confirmé de 32,1 % à 30,8 % signalerait une dépendance accrue aux flux étrangers, donc une vulnérabilité aux chocs de connectivité.

À venird'ici le 23 oct.3 à 12 mois

Saison estivale des MRE (dispositif Marhaba) : volumes d'arrivées et dépenses

Test de la composante diasporique, moteur principal de la demande entrante et sensible aux tensions diplomatiques et aériennes.